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À l’ONU, le Maroc appelle à faire du dialogue un rempart contre les discours de haine

18 septembre 2026 - 08:02

Nasser Bourita a coprésidé à New York une conférence mondiale consacrée à la prévention des discours de haine. Le ministre marocain a mis en garde contre leur banalisation dans le débat politique et appelé à une action commune des États, des institutions religieuses, de la société civile et des plateformes numériques.

Le Maroc a placé la lutte contre les discours de haine au cœur d’une conférence mondiale organisée jeudi au siège des Nations Unies, à New York. Coprésidée par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le secrétaire général de l’ONU et le président de l’Assemblée générale, la rencontre s’est tenue en marge de la 81e session de l’Assemblée générale.

L’événement a été coorganisé par le Royaume, le Bureau des Nations Unies pour la prévention du génocide et la responsabilité de protéger, ainsi que l’Alliance des civilisations des Nations Unies. Il vise à renforcer le dialogue interreligieux et interculturel comme outil de prévention de la haine et de consolidation de la cohésion sociale.

Dans son intervention, Nasser Bourita a rappelé l’appel lancé par le roi Mohammed VI au Forum mondial de l’Alliance des civilisations, organisé à Fès en 2022 : faire de la politique, de la religion et du dialogue des instruments au service de la paix.

Le ministre a souligné que le retour régulier de la question des discours de haine dans les enceintes internationales ne devait pas se réduire à un exercice de circonstance. Il a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective pour protéger la dignité humaine et empêcher que le rejet et la division ne fragilisent les sociétés.

Il a identifié plusieurs facteurs qui nourrissent la haine : l’ignorance de l’autre, la transmission des préjugés et les fragilités sociales ou économiques. Ces peurs peuvent ensuite être exploitées par des courants extrémistes afin d’alimenter les tensions et de faire porter à une communauté entière la responsabilité d’actes individuels.

Nasser Bourita a particulièrement alerté sur la banalisation de propos haineux dans l’espace public par des responsables politiques ayant exercé des fonctions gouvernementales. Il a appelé les dirigeants, institutions politiques, autorités religieuses et intellectuels à résister à l’instrumentalisation de la religion ou de l’identité, y compris lorsqu’elle se présente sous les apparences du patriotisme.

Le ministre a inscrit l’initiative dans la tradition marocaine de coexistence et de pluralité. Il a rappelé que la Constitution définit l’identité nationale comme unifiée et plurielle, nourrie de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, ainsi que de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.

Sur le plan de l’action, il a proposé cinq priorités : éduquer au respect de la différence, inscrire le dialogue interreligieux et interculturel dans la vie sociale, responsabiliser la parole publique, promouvoir l’équité et l’égalité des chances, et prévenir les discours de haine dans l’espace numérique.

Le Maroc, a-t-il affirmé, entend poursuivre sa contribution dans ce domaine. La protection de la dignité humaine, a conclu Nasser Bourita, constitue une condition de sécurité, tandis que la coexistence repose sur un engagement permanent et une responsabilité partagée.

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