Le Forum Al-Zahra pour la femme marocaine relève la persistance d’une représentation limitée des candidates dans les listes locales et dénonce les violences symboliques, les atteintes à la vie privée et la circulation de contenus falsifiés visant certaines d’entre elles.
À l’approche des élections législatives du 23 septembre, le Forum Al-Zahra pour la femme marocaine a dressé plusieurs constats sur la participation politique des femmes. L’organisation relève notamment une présence encore limitée des candidates dans les listes locales, malgré l’augmentation de leur nombre dans l’ensemble des candidatures.
Selon le Forum, cette situation pose la question de l’élargissement des possibilités d’accès des femmes aux institutions élues, au-delà des mécanismes spécialement mis en place pour renforcer leur représentation.
L’organisation signale également l’apparition de liens de parenté dans certaines candidatures féminines présentées par plusieurs partis. Elle appelle à approfondir le suivi et l’analyse des critères de sélection, afin de déterminer dans quelle mesure ces choix contribuent à élargir la participation des femmes et à ouvrir davantage les candidatures aux compétences.
Violences numériques et atteintes à la réputation
Le Forum s’inquiète par ailleurs du climat de la campagne électorale et des discours diffusés, notamment sur les réseaux sociaux. Certaines candidates auraient été exposées à différentes formes de violence symbolique, de diffamation, d’atteinte à la réputation et d’ingérence dans leur vie privée.
L’organisation fait aussi état de la diffusion, voire de la falsification, de photographies et de contenus les concernant, utilisés dans des contextes portant atteinte à leur dignité.
Sur le terrain, le Forum observe une présence encore « modeste » des femmes, en particulier des jeunes candidates, sur les plateformes officielles, lors des réunions publiques et dans les activités de proximité organisées pendant la campagne.
Face à cette situation, il appelle à relever le niveau du débat électoral et à renoncer à toute forme de violence, de diffamation, d’insulte ou d’atteinte à la vie privée. Les programmes et les choix politiques doivent, selon lui, constituer la base de la compétition électorale, dans le respect de l’intégrité du scrutin et de la participation des femmes.
Le Forum souligne que la promotion de la participation politique féminine ne peut se limiter à l’augmentation du nombre de candidatures. Elle suppose également un environnement politique et électoral sûr, respectueux de la dignité des candidates et garantissant l’égalité des chances pour accéder aux fonctions de représentation et de décision.
Pour les législatives du 23 septembre, les femmes représentent 36,47 % de l’ensemble des candidatures, soit 2 658 candidates sur un total de 7 288. Parmi elles, 1 783 se présentent dans les circonscriptions régionales et 875 dans les circonscriptions locales.