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Alzheimer : des robots pour accompagner, une présence humaine pour guider

20 septembre 2026 - 09:11

Le robot Paro lors d’une activité d’accompagnement. Photographie de contexte, distincte des séances décrites à l’hôpital Broca.

Dans des établissements français, des équipes expérimentent l’IA conversationnelle et la robotique sociale auprès de personnes présentant des troubles cognitifs. Entre stimulation, apaisement et réticences, ces outils doivent trouver leur place dans une relation de soin.

Un robot aux grandes oreilles peut susciter la curiosité d’une résidente et provoquer le refus d’une autre. À l’hôpital Broca, à Paris, cette diversité des réactions fait partie du travail de recherche. Le Broca Living Lab, dirigé par Maribel Pino, étudie la manière dont les personnes âgées présentant des troubles cognitifs ou une perte d’autonomie interagissent avec des machines conçues pour dialoguer ou réagir au contact.

Dans une scène rapportée par l’AFP, Michèle, 72 ans, dont le prénom a été modifié, échange volontiers avec Miroki. Interrogée sur ce qu’il pourrait faire à l’hôpital, elle lui suggère de lire des livres aux personnes qui ne peuvent plus le faire. Ce robot au visage animé est utilisé comme support d’activités sollicitant la mémoire, l’attention et le langage, explique Léa Vecchioni, psychologue et ingénieure de recherche.

Ginette, 99 ans, se montre beaucoup moins enthousiaste. Elle trouve ses mains trop longues et refuse l’interaction. Mais elle accepte Paro, un robot en forme de bébé phoque, sur ses genoux. Ses capteurs lui permettent de réagir aux stimulations par des mouvements et des vocalisations.

Des fonctions différentes selon les besoins

L’objectif n’est pas identique pour tous les dispositifs. Avec un robot conversationnel, les équipes peuvent proposer des exercices et soutenir un échange verbal. Avec Paro, elles cherchent davantage à favoriser l’apaisement, le contact et l’évocation de souvenirs. La réaction de la personne reste déterminante pour choisir un support adapté.

Les résultats doivent néanmoins être appréciés avec mesure. Des travaux consacrés à Paro ont relevé des effets encourageants dans certaines situations, tout en soulignant la nécessité d’essais plus importants et d’un suivi plus long. Ces observations ne permettent pas de conclure à une efficacité uniforme de tous les robots auprès de toutes les personnes atteintes de troubles cognitifs. Étude clinique sur Paro.

Dans le sud-ouest de la France, la résidence La Septfontoise expérimente une autre approche : Livana, une intelligence artificielle accessible par téléphone. Le système s’appuie sur des éléments biographiques fournis par les proches et préparés avec la psychologue de l’établissement. Dans le cas décrit par l’AFP, une résidente de 83 ans entend une voix reproduisant celle de son petit-fils.

Selon son fondateur, Nicolas Raulin, cette personnalisation vise à rendre la conversation familière. L’équipe de la résidence rapporte des moments d’apaisement, mais le reportage ne présente pas d’évaluation clinique permettant de mesurer durablement cet effet.

Accompagner sans effacer les soignants

L’imitation de la voix d’un proche soulève aussi une question particulière : comment préserver les repères et la confiance d’une personne qui peut difficilement distinguer son interlocuteur d’un système artificiel ? L’information, la protection des données et le respect des signes de refus font partie des enjeux de ces usages.

Pour les professionnelles interrogées, la place du soignant demeure essentielle. La directrice de La Septfontoise, Ghislaine Verines, écarte l’idée d’un remplacement du personnel par Livana. Au Broca Living Lab, les séances restent conduites par le thérapeute. La valeur de ces outils se mesure ainsi à ce qu’ils apportent à l’accompagnement de chaque personne.

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