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Égypte : une bague en bronze découverte sous la mer révèle une rare représentation du phare d’Alexandrie

08 octobre 2026 - 09:21

Une mission archéologique sous-marine a mis au jour, dans le port oriental d’Alexandrie, une bague-sceau ornée d’une représentation de l’une des sept merveilles du monde antique. Cette découverte pourrait apporter de nouveaux éclairages sur l’histoire du célèbre monument et sur les activités de l’ancien complexe palatial de la cité égyptienne.

Les eaux de la Méditerranée continuent de livrer les secrets de l’Alexandrie antique. Une mission archéologique conjointe de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM) et du Conseil suprême des antiquités égyptiennes a découvert une bague en bronze portant une représentation gravée du légendaire phare d’Alexandrie, l’une des sept merveilles du monde antique.

La découverte a été réalisée lors de fouilles sous-marines dans le port oriental de la ville, sur un site associé aux vestiges engloutis d’Antirhodos, une ancienne île qui abritait une partie du complexe palatial des souverains ptolémaïques. L’objet constitue un témoignage exceptionnel de la représentation du phare sur un support personnel et pourrait contribuer à mieux comprendre certains aspects de la vie et de l’organisation administrative de l’Alexandrie antique.

Le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, Hisham El-Leithy, a indiqué que la gravure présente des similitudes avec les représentations du phare figurant sur certaines monnaies de l’époque romaine, notamment celles datant du IIe siècle après Jésus-Christ. Ce rapprochement iconographique pourrait permettre aux chercheurs d’étudier les relations entre les images officielles du monument et leur reproduction sur des objets de plus petites dimensions.

Une représentation exceptionnelle d’une merveille disparue

Édifié au IIIe siècle avant notre ère, sous la dynastie des Ptolémées, le phare d’Alexandrie dominait l’île de Pharos, à l’entrée du port de la cité fondée par Alexandre le Grand. Sa mission première était de guider les navires vers l’un des principaux centres commerciaux et intellectuels du monde méditerranéen.

Inscrit parmi les sept merveilles du monde antique, le monument était réputé pour ses proportions impressionnantes et pour la sophistication de son architecture. Il est demeuré pendant des siècles l’un des symboles les plus prestigieux de la puissance maritime et du rayonnement culturel d’Alexandrie, avant de disparaître progressivement sous l’effet des séismes et des dégradations successives.

Si son apparence générale est connue grâce aux textes anciens, aux monnaies et à plusieurs représentations historiques, de nombreuses questions demeurent sur certains détails de sa structure et sur les activités qui lui étaient associées.

La bague récemment découverte présente donc un intérêt particulier. Elle ne constitue pas la première représentation connue du phare, mais offre un témoignage rare de son image gravée sur un objet de cette nature. Son étude pourrait enrichir la documentation iconographique disponible et contribuer à préciser la place du monument dans la culture matérielle de l’époque.

Antirhodos, les vestiges d’un monde englouti

Le contexte archéologique de cette découverte est tout aussi important que l’objet lui-même. Antirhodos occupait une place particulière dans la topographie de l’Alexandrie hellénistique. L’île était liée au complexe palatial des Ptolémées, dont une partie des vestiges repose aujourd’hui sous les eaux du port oriental.

Les transformations géologiques du littoral, les mouvements du sol et les catastrophes naturelles survenues au fil des siècles ont contribué à l’engloutissement de plusieurs secteurs de l’ancienne cité.

Depuis plusieurs décennies, les recherches sous-marines conduites par l’archéologue français Franck Goddio ont permis de documenter un patrimoine exceptionnel : structures architecturales, sculptures, objets de la vie quotidienne et vestiges témoignant de la richesse historique d’Alexandrie.

La découverte de la bague pourrait notamment fournir des indices sur la poursuite de certaines activités administratives dans l’ancien secteur palatial à l’époque romaine. Une éventuelle relation avec la gestion du phare figure parmi les pistes susceptibles d’être explorées, sans qu’un lien direct puisse être considéré comme établi à ce stade.

L’archéologue égyptien Hussein Abdel Bassir a souligné que l’interprétation scientifique de l’objet repose sur plusieurs vérifications essentielles : confirmer l’identification de la représentation, dater précisément la bague, analyser son contexte de découverte et comparer la gravure avec les images anciennes déjà répertoriées.

Une découverte modeste aux implications historiques importantes

L’intérêt de cette trouvaille réside dans sa capacité à relier un objet de petite dimension à l’histoire d’un monument dont la renommée a traversé les siècles. Au-delà de sa valeur esthétique, une bague-sceau peut renseigner sur les usages, les représentations symboliques et les pratiques sociales ou administratives d’une époque.

Dans le cas d’Alexandrie, ces recherches revêtent une importance particulière. Une partie de l’histoire de la cité demeure enfouie sous les eaux de la Méditerranée, où les archéologues poursuivent patiemment la reconstitution d’un paysage urbain disparu.

Les prochaines analyses devront permettre de préciser la datation de la bague, sa fonction et son éventuelle relation avec les institutions de l’ancienne cité.

Plus de deux millénaires après l’édification du phare d’Alexandrie, cette découverte rappelle que l’histoire des grandes civilisations peut parfois ressurgir à travers les objets les plus modestes. Une simple bague en bronze suffit ainsi à faire réapparaître l’image d’un monument disparu, mais toujours présent dans la mémoire universelle.

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