>

Le Maroc bénéficie d’un financement américain de 33,1 millions de dollars pour renforcer la sécurité alimentaire et l’élevage

11 octobre 2026 - 09:34

Le Maroc figure parmi les sept pays sélectionnés par le département américain de l’Agriculture (USDA) pour bénéficier de nouveaux financements dans le cadre du programme « Food for Progress ». Le Royaume se voit attribuer une enveloppe de 33,1 millions de dollars destinée à moderniser les dispositifs de sécurité sanitaire des aliments et à soutenir le développement de la filière de l’élevage sur une période de cinq ans.

Cette initiative s’inscrit dans le renforcement de la coopération agricole et économique entre Rabat et Washington. Elle vise notamment à améliorer les capacités techniques et organisationnelles du secteur agroalimentaire marocain, dans un contexte où la qualité sanitaire des produits, la modernisation des infrastructures et la compétitivité des filières animales constituent des enjeux majeurs.

Un financement fondé sur la commercialisation de produits agricoles américains

Contrairement à une aide financière classique directement versée au bénéficiaire, le mécanisme retenu repose sur la commercialisation de produits agricoles américains. Le projet prévoit ainsi la vente de 33 000 tonnes de tourteaux de soja et de blé produits aux États-Unis, dont les recettes serviront à financer les activités programmées au Maroc.

La mise en œuvre sera confiée à l’organisation internationale Counterpart International. Selon les prévisions annoncées, environ 5 000 personnes devraient bénéficier des interventions prévues, notamment à travers le renforcement des compétences, l’amélioration des pratiques professionnelles et le développement des capacités des acteurs concernés.

Le programme « Food for Progress » constitue l’un des instruments de coopération agricole des États-Unis. Son fonctionnement associe l’écoulement de produits agricoles américains au financement de projets destinés à améliorer la productivité, à développer les marchés et à faciliter les échanges commerciaux dans les pays partenaires.

Sécurité sanitaire, abattoirs et chaîne du froid au cœur des priorités

Au Maroc, les discussions préparatoires avaient déjà permis d’identifier plusieurs domaines d’intervention. En avril 2026, la Cour des comptes avait annoncé des échanges avec une délégation du département américain de l’Agriculture autour des modalités de mise en œuvre du programme.

Ces concertations avaient notamment porté sur le contrôle sanitaire des abattoirs et les infrastructures de la chaîne du froid, deux composantes essentielles pour garantir la qualité des produits d’origine animale et limiter les risques sanitaires tout au long des circuits de production et de distribution.

L’amélioration de ces dispositifs représente également un enjeu économique. Une meilleure maîtrise des normes sanitaires peut contribuer à réduire les pertes, à renforcer la confiance des consommateurs et à faciliter l’accès des producteurs marocains à des marchés plus exigeants.

Toutefois, la portée réelle du projet dépendra de sa capacité à produire des améliorations durables, au-delà des formations et des interventions techniques ponctuelles. L’efficacité du financement devra notamment se mesurer à la modernisation effective des infrastructures et à l’adoption de pratiques sanitaires plus rigoureuses.

Une coopération agricole inscrite dans une relation historique

L’annonce intervient dans un contexte diplomatique particulier, marqué par la commémoration de 250 années d’amitié entre le Maroc et les États-Unis, dont les relations historiques remontent à la reconnaissance américaine par le Royaume à la fin du XVIIIe siècle.

Pour Washington, le programme répond à une double ambition : accompagner le développement agricole de ses partenaires tout en favorisant les échanges de produits agricoles américains. Pour le Maroc, il représente une possibilité de consolider certaines filières stratégiques, particulièrement dans les domaines de la sécurité sanitaire et de l’élevage.

Cette coopération intervient alors que l’agriculture marocaine doit composer avec plusieurs défis structurels, notamment les effets de la sécheresse, la pression sur les ressources hydriques, le coût des aliments pour bétail et les exigences croissantes de traçabilité des produits alimentaires.

Avec une enveloppe de 33,1 millions de dollars répartie sur cinq ans, le projet pourrait contribuer à renforcer les capacités du secteur. Son impact dépendra cependant de la pertinence des investissements réalisés, de leur répartition territoriale et de leur intégration dans les politiques nationales de modernisation agricole.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *