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Dakhla attire les investisseurs français, entre ambitions atlantiques et nouveaux partenariats économiques

13 octobre 2026 - 03:09

Une délégation de dirigeants d’entreprises françaises effectue une mission de prospection de deux jours à Dakhla. Port atlantique, économie bleue, énergies renouvelables et tourisme figurent au cœur des échanges, dans une région qui entend renforcer son rôle de plateforme économique vers l’Afrique.

Dakhla poursuit son ouverture aux investisseurs internationaux. Une délégation de chefs d’entreprise français s’est rendue, lundi 12 octobre, dans la région de Dakhla-Oued Eddahab pour une mission de prospection économique destinée à identifier les possibilités d’investissement et à nouer des partenariats avec les opérateurs locaux. Organisée par le Centre régional d’investissement (CRI), cette visite de deux jours intervient dans un contexte de développement des infrastructures et de diversification des activités économiques dans le sud du Royaume.

Au-delà de la découverte des opportunités régionales, cette initiative illustre l’intérêt porté par les milieux d’affaires français aux projets structurants de Dakhla, dont les ambitions s’inscrivent dans une stratégie plus large de connectivité atlantique et d’intégration économique africaine.

Dakhla Atlantique, au cœur des perspectives de développement

Lors d’une rencontre organisée au siège de la wilaya, le secrétaire général de la région, Abderrazak El Gourji, a présenté les principaux atouts de Dakhla-Oued Eddahab, en mettant particulièrement l’accent sur sa position géographique et sur les perspectives ouvertes par le futur port Dakhla Atlantique.

Cette infrastructure, appelée à jouer un rôle important dans le développement des échanges commerciaux et des activités logistiques, constitue l’un des projets emblématiques de la transformation économique régionale. Elle s’inscrit également dans les ambitions de l’Initiative royale atlantique, destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique.

Pour les entreprises françaises, ces perspectives peuvent ouvrir des débouchés dans les domaines des infrastructures, du transport, des services portuaires et de la logistique. Leur concrétisation dépendra toutefois de l’avancement des projets, des conditions d’investissement et des partenariats susceptibles d’être conclus.

Économie bleue, énergies renouvelables et dessalement

Le président du Conseil régional, El Khattat Yanja, a insisté sur la diversité des secteurs porteurs, notamment la pêche, l’aquaculture, l’agriculture, le tourisme et les énergies renouvelables. Le dessalement de l’eau figure également parmi les activités présentant un potentiel de développement, dans une région où la gestion durable des ressources hydriques constitue un enjeu majeur.

L’économie bleue occupe une place particulière dans cette stratégie. En s’appuyant sur ses ressources maritimes et sur le développement de nouvelles infrastructures, Dakhla ambitionne de renforcer les activités liées à la valorisation des produits de la mer et à l’aquaculture.

Les énergies renouvelables représentent un autre axe de diversification, avec des perspectives associées aux ressources éoliennes et solaires de la région. Ces filières pourraient favoriser l’émergence de projets industriels et de services spécialisés, sous réserve de leur faisabilité technique et économique.

El Khattat Yanja a également évoqué les possibilités de coopération triangulaire associant le Maroc, la France et plusieurs pays africains, afin de développer des partenariats dépassant le seul marché régional.

Des rencontres pour transformer l’intérêt en projets

Pour Bernard Gaillot, directeur du Centre de perfectionnement aux affaires (CPA France), cette mission doit permettre aux dirigeants participants de mieux comprendre l’environnement entrepreneurial local, de confronter leurs expériences à celles des opérateurs marocains et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration.

La délégation a également pris connaissance des dispositifs nationaux d’accompagnement de l’investissement. Nihal Azzouz, directrice de l’investissement au ministère chargé de ce secteur, a présenté les orientations de la nouvelle Charte de l’investissement, les mesures d’amélioration du climat des affaires et les mécanismes destinés à faciliter la réalisation des projets.

De son côté, Faysal Sahmani, directeur par intérim du CRI de Dakhla-Oued Eddahab, a réaffirmé la disponibilité de l’institution pour accompagner les investisseurs dans leurs démarches, depuis l’identification des opportunités jusqu’à la mise en œuvre éventuelle de leurs projets.

Le programme prévoit des rencontres institutionnelles, des visites de sites économiques structurants et des échanges directs entre entrepreneurs français et marocains. Aucun accord d’investissement chiffré n’a été annoncé à ce stade dans le cadre de cette mission.

Une coopération économique à inscrire dans la durée

L’intérêt des entreprises françaises pour Dakhla s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique entre le Maroc et la France, où les territoires du sud occupent une place croissante dans les perspectives de coopération.

Pour la région, l’enjeu consiste désormais à transformer les missions de prospection en projets créateurs d’activités, d’emplois et de valeur ajoutée locale. Cela suppose de mobiliser les infrastructures, les compétences et les dispositifs d’accompagnement nécessaires pour répondre aux attentes des investisseurs.

La visite de cette délégation française constitue ainsi une étape de dialogue économique plutôt qu’un aboutissement. Sa portée se mesurera aux partenariats qui pourront en découler et à leur contribution effective au développement de Dakhla-Oued Eddahab.

Entre ouverture atlantique, ressources naturelles et diversification industrielle, Dakhla cherche à s’affirmer comme un pôle d’investissement reliant le Maroc à de nouveaux marchés africains.

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