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Le FMI alerte sur les répercussions mondiales des attaques contre l’Arabie saoudite

14 octobre 2026 - 12:20

Kristalina Georgieva met en garde contre les conséquences économiques de l’escalade militaire au Moyen-Orient, alors que la flambée des prix de l’énergie fragilise la croissance mondiale. L’institution appelle également les États à assainir leurs finances publiques face à l’alourdissement de la dette.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a averti mercredi que les récentes attaques contre l’Arabie saoudite pourraient avoir des répercussions économiques bien au-delà du Moyen-Orient. Dans un contexte de tensions militaires persistantes et de forte hausse des prix de l’énergie, elle redoute une propagation des effets de la crise à l’ensemble de l’économie mondiale.

S’exprimant lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, organisées cette semaine à Bangkok, Kristalina Georgieva a rappelé le poids stratégique de l’économie saoudienne, tant pour la stabilité régionale que pour l’approvisionnement énergétique international. Toute perturbation durable de ses infrastructures ou de ses capacités de production pourrait accentuer les difficultés auxquelles sont déjà confrontés de nombreux pays.

Cette mise en garde intervient après plusieurs semaines d’affrontements entre les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, et une coalition internationale dirigée par Riyad. La dernière escalade a notamment été marquée par une attaque contre l’aéroport international de la capitale saoudienne, qui a fait treize morts samedi et entraîné la fermeture temporaire de l’installation.

Le risque d’un nouveau choc énergétique mondial

La principale inquiétude concerne les marchés pétroliers. Acteur majeur de la production et des exportations mondiales de brut, l’Arabie saoudite occupe une place centrale dans l’équilibre de l’offre énergétique. Une intensification des attaques contre ses infrastructures pourrait aggraver les tensions sur les prix et affecter les économies importatrices.

Le contexte régional est d’autant plus préoccupant que le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les échanges pétroliers internationaux, demeure au cœur de la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Son blocage par Téhéran, après les frappes américaines et israéliennes de février, a déjà contribué à une forte augmentation des cours du pétrole.

Les conséquences d’une nouvelle perturbation ne se limiteraient pas au secteur énergétique. La hausse du coût du transport, des matières premières et de la production industrielle pourrait alimenter l’inflation, ralentir les échanges commerciaux et peser sur le pouvoir d’achat des ménages.

Les pays à faibles revenus apparaissent particulièrement exposés. Disposant de marges budgétaires limitées, ils sont moins bien armés pour compenser les hausses de prix ou soutenir les populations les plus vulnérables.

Une croissance mondiale résistante, mais sous pression

Le FMI a relevé mardi sa prévision de croissance économique mondiale pour 2026 à 3,1 %. Cette révision témoigne d’une certaine résistance de l’activité internationale malgré les crises successives. Kristalina Georgieva a toutefois souligné que cette capacité d’adaptation pourrait atteindre ses limites.

Les investissements massifs dans l’intelligence artificielle soutiennent actuellement certains secteurs et contribuent à la dynamique économique. Mais leurs retombées restent inégalement réparties, tandis que de nombreux pays doivent consacrer une part croissante de leurs ressources à leurs importations énergétiques et au remboursement de leur dette.

Cette divergence risque d’accentuer les écarts entre les économies capables de financer leur transformation technologique et celles qui demeurent confrontées à des contraintes financières immédiates.

L’endettement public, une autre source de fragilité

Au-delà de la crise au Moyen-Orient, la directrice générale du FMI a insisté sur la nécessité de restaurer la solidité des finances publiques. L’augmentation des taux d’intérêt et des rendements obligataires renchérit le financement des États, notamment dans les économies avancées.

Selon les chiffres présentés par Kristalina Georgieva, le service de la dette absorbe désormais environ 14 % des recettes publiques, contre 6 % il y a une dizaine d’années. Cette progression réduit les ressources disponibles pour les infrastructures, la santé, l’éducation et les investissements productifs.

La responsable du FMI estime que de nombreux gouvernements n’ont pas suffisamment profité de la reprise économique consécutive à la pandémie pour reconstituer leurs marges de manœuvre budgétaires. Elle appelle désormais à améliorer la mobilisation des recettes fiscales, à rationaliser les dépenses et à renforcer la gestion des finances publiques.

L’objectif est de permettre aux États d’affronter de nouveaux chocs sans aggraver davantage leur endettement ni compromettre leurs perspectives de développement.

Des déséquilibres persistants entre les grandes économies

Kristalina Georgieva a également attiré l’attention sur les déséquilibres économiques internationaux, dont la persistance pourrait fragiliser la stabilité financière mondiale.

Dans son analyse, la Chine devrait stimuler davantage sa consommation intérieure, les États-Unis renforcer leur épargne et l’Europe accélérer ses investissements. Ces ajustements contribueraient, selon le FMI, à rééquilibrer les moteurs de la croissance et à réduire certaines vulnérabilités structurelles.

Le message adressé aux gouvernements depuis Bangkok dépasse ainsi la seule crise saoudienne. Il met en évidence l’interaction entre risques géopolitiques, dépendance énergétique et fragilité des finances publiques.

Alors que les tensions militaires au Moyen-Orient menacent de provoquer de nouvelles perturbations, le FMI rappelle qu’une économie mondiale encore résiliente ne dispose pas de ressources illimitées pour absorber les crises. La solidité des politiques budgétaires et la réduction des déséquilibres deviennent, dans ce contexte, des conditions essentielles pour préserver la croissance et limiter les conséquences sociales d’un nouveau choc énergétique.

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