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Sahara marocain : 152 pays soutiennent une résolution de l’ONU qui conforte la dynamique autour de l’autonomie

16 octobre 2026 - 08:53

La Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, jeudi 15 octobre, sa résolution annuelle sur la question du Sahara par 152 voix favorables, deux contre et sept abstentions. Le texte intègre pour la première fois une référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui a placé le plan marocain d’autonomie au centre du processus de négociation.

Le dossier du Sahara marocain vient de franchir une nouvelle étape diplomatique aux Nations unies. Réunie jeudi à New York, la Quatrième Commission de l’Assemblée générale, chargée notamment des questions politiques spéciales et de la décolonisation, a adopté sa résolution annuelle consacrée à ce différend régional à une très large majorité.

Au total, 152 États membres, dont le Maroc, ont voté en faveur du texte, contre deux votes négatifs et sept abstentions. Pour Rabat, ce résultat vient conforter la dynamique diplomatique engagée autour de son initiative d’autonomie, désormais explicitement prise en compte dans le cadre défini par le Conseil de sécurité.

La portée du scrutin tient toutefois moins à une modification radicale du contenu de la résolution qu’à son articulation avec les développements intervenus depuis octobre 2025, notamment l’adoption de la résolution 2797.

Un vote inhabituel à l’initiative des États-Unis

Depuis 2006, la résolution annuelle de la Quatrième Commission sur le Sahara était généralement adoptée sans vote, conformément à une pratique fondée sur le consensus.

Cette année, la délégation américaine a demandé, à la dernière minute, la mise aux voix de l’ensemble des 23 projets de résolution examinés par la Commission, y compris ceux habituellement adoptés sans scrutin.

Cette démarche, qui ne visait donc pas exclusivement le dossier du Sahara, a conduit à un vote formel permettant de mesurer le soutien au texte.

L’adoption par 152 voix favorables constitue un résultat diplomatique notable. Il convient néanmoins de distinguer l’approbation de cette résolution de la reconnaissance de la souveraineté marocaine : les États ayant voté pour le texte ne se sont pas nécessairement prononcés individuellement sur cette question.

La résolution 2797 au cœur de la nouvelle séquence diplomatique

L’évolution la plus significative réside dans la référence à la résolution 2797, adoptée par le Conseil de sécurité le 31 octobre 2025.

Ce texte a apporté une inflexion importante au cadre des discussions en soutenant des négociations fondées sur la proposition marocaine d’autonomie, présentée en 2007, en vue de parvenir à un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable.

Le Conseil de sécurité a également considéré qu’une autonomie véritable pouvait représenter l’une des solutions les plus réalisables, tout en maintenant la nécessité d’un accord conforme à la Charte des Nations unies et au principe d’autodétermination.

Pour la diplomatie marocaine, cette orientation constitue un acquis majeur : elle renforce la place du plan d’autonomie dans les efforts internationaux visant à sortir le différend de l’impasse.

La référence à la résolution 2797 dans le texte de la Quatrième Commission contribue ainsi à rapprocher les travaux des deux instances onusiennes autour du processus politique.

Le dialogue reste la voie privilégiée

Au-delà de la question de l’autonomie, la résolution réaffirme le soutien au processus politique conduit sous les auspices du secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel, Staffan de Mistura.

Elle insiste sur la nécessité pour les acteurs concernés de poursuivre leur engagement dans un climat propice au dialogue, avec la volonté politique indispensable à la recherche d’un compromis.

Le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie demeurent au centre des consultations engagées dans le cadre de ce processus, même si leurs positions sur le règlement du différend restent profondément divergentes.

L’approche privilégiée par les Nations unies repose sur la négociation d’une solution politique réaliste, durable et acceptable pour les parties, plutôt que sur une issue imposée unilatéralement.

Dans cette perspective, le soutien au plan marocain d’autonomie ne dispense pas les acteurs concernés de poursuivre les discussions sur les modalités d’un éventuel accord.

Une avancée diplomatique, mais pas encore un règlement définitif

La résolution adoptée jeudi ne modifie pas, à elle seule, le statut juridique du territoire et ne met pas fin au différend. La question du Sahara occidental demeure inscrite à l’ordre du jour des Nations unies, tandis que la recherche d’une solution politique reste encadrée par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Sa portée est avant tout diplomatique : elle confirme la continuité du processus onusien et prend en considération l’évolution introduite par la résolution 2797, favorable à une négociation fondée sur la proposition marocaine d’autonomie.

Pour Rabat, le résultat de ce scrutin s’inscrit dans une séquence internationale où son initiative bénéficie d’une visibilité croissante. Le prochain enjeu sera de transformer cette dynamique en progrès concrets à la table des négociations.

À ce stade, le vote de la Quatrième Commission apparaît donc comme une consolidation du cadre politique existant, plutôt que comme l’aboutissement du processus. Le défi demeure celui d’un règlement négocié capable de garantir une paix durable et de renforcer la stabilité dans l’ensemble de la région maghrébine.

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