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États-Unis : Nicolás Maduro et son épouse contestent les nouvelles accusations de torture

16 octobre 2026 - 09:13

L’ancien président vénézuélien et Cilia Flores ont plaidé non coupable devant un tribunal fédéral de New York, jeudi 15 octobre. Le parquet américain leur reproche d’avoir participé à un système de répression impliquant des actes de torture contre des opposants et des détenus. L’ouverture de leur procès a été reportée au 14 juin 2027.

Le dossier judiciaire visant Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores prend une nouvelle dimension. Déjà poursuivis aux États-Unis pour des accusations liées au narcotrafic et aux armes, les deux anciens dirigeants vénézuéliens doivent désormais répondre d’un chef supplémentaire de complot en vue de commettre des actes de torture.

Présentés jeudi devant le juge fédéral Alvin Hellerstein, à Manhattan, Maduro et Flores ont fermement contesté les nouvelles charges retenues contre eux.

L’ancien chef de l’État vénézuélien a rejeté l’ensemble du nouvel acte d’accusation, estimant qu’il reposait sur des allégations mensongères. Son épouse a également proclamé son innocence.

Cette audience intervient plus de neuf mois après leur capture à Caracas, le 3 janvier 2026, lors d’une opération militaire américaine ordonnée par le président Donald Trump. Transférés aux États-Unis, ils sont depuis détenus dans un établissement fédéral de Brooklyn.

Une nouvelle accusation centrée sur la répression politique

Le 8 octobre, le parquet fédéral du district sud de New York a rendu public un acte d’accusation révisé qui élargit sensiblement la portée des poursuites.

Les procureurs soutiennent que Maduro et Flores auraient participé à un dispositif organisé de répression destiné à intimider et neutraliser des opposants politiques, des militaires soupçonnés de dissidence et d’autres personnes considérées comme des menaces.

Le document judiciaire fait état de détentions arbitraires, de violences physiques et psychologiques ainsi que de méthodes de torture qui auraient été employées par des agents agissant sous l’autorité de l’État vénézuélien.

Parmi les victimes présumées figurent notamment trois ressortissants américains.

Selon l’accusation, Nicolás Maduro aurait dirigé ou supervisé certains mécanismes de répression, tandis que Cilia Flores aurait contribué à leur fonctionnement et donné des instructions concernant des personnes détenues.

Les deux accusés ne sont toutefois pas présentés comme les auteurs matériels des actes de torture. La responsabilité que cherche à établir le parquet repose sur leur participation présumée à une entreprise criminelle et sur leur rôle dans les décisions ayant conduit aux abus dénoncés.

Ces éléments restent des accusations que la justice devra examiner contradictoirement au cours du procès.

Une défense qui conteste les faits et la procédure

À l’audience, Maduro a indiqué avoir pris connaissance de l’intégralité du nouveau document judiciaire. Il a affirmé que les accusations étaient fausses et qu’elles reprenaient des éléments déjà avancés contre lui.

Cilia Flores a, pour sa part, déclaré être totalement innocente.

Le couple a confirmé avoir étudié une traduction espagnole de l’acte d’accusation avec ses avocats avant de comparaître devant le tribunal.

La défense ne se limite pas à la contestation des faits. Elle soulève également des objections juridiques liées à l’immunité que les intéressés estiment pouvoir invoquer en raison de leurs anciennes fonctions officielles.

La manière dont Maduro et Flores ont été capturés sur le territoire vénézuélien constitue par ailleurs un élément particulièrement sensible du dossier. L’opération militaire américaine a soulevé des questions sur la souveraineté des États et les conditions dans lesquelles un ancien dirigeant étranger peut être traduit devant une juridiction américaine.

Ces débats demeurent distincts de l’examen de la culpabilité pénale des deux prévenus.

Le calendrier judiciaire repoussé à juin 2027

L’ajout des nouvelles poursuites a conduit le juge Alvin Hellerstein à reporter l’ouverture du procès au 14 juin 2027, alors qu’elle était initialement fixée au 1er juin.

Une nouvelle audience préparatoire doit se tenir le 17 décembre, afin de permettre aux parties de poursuivre l’examen des questions procédurales et l’organisation des débats.

Le dossier comprend désormais plusieurs accusations particulièrement lourdes, notamment celles de complot narcoterroriste, de trafic de cocaïne, d’infractions relatives aux armes et de complot en vue de commettre des actes de torture.

En cas de condamnation sur l’ensemble des chefs retenus, Maduro et Flores pourraient encourir de très longues peines de prison. Les sanctions éventuelles dépendront néanmoins des décisions du tribunal et des règles applicables à chaque infraction.

Un procès aux répercussions internationales

Au-delà de ses aspects judiciaires, cette affaire possède une dimension politique et diplomatique exceptionnelle.

La poursuite d’un ancien président étranger devant un tribunal fédéral américain, après son arrestation lors d’une intervention militaire dans son propre pays, soulève des interrogations sur les rapports entre justice pénale, souveraineté nationale et responsabilité des dirigeants.

Les accusations de torture ajoutent une dimension supplémentaire à un procès qui portait initialement sur des faits présumés de narcotrafic et de criminalité organisée.

Pour les procureurs américains, il s’agira de démontrer l’existence d’une responsabilité pénale personnelle de Maduro et de Flores dans les actes allégués. Pour la défense, l’objectif sera de contester les preuves, la qualification des faits et certains fondements de la procédure.

En attendant l’ouverture du procès, les deux accusés demeurent présumés innocents. Leur prochaine comparution permettra de préciser les contours d’une affaire dont les conséquences pourraient dépasser largement les frontières du Venezuela et des États-Unis.

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