En ce début difficile de la campagne agricole, en raison du retard des pluies, les prix des fourrages, ainsi que des engrais agricoles ont flambé. Une situation qui a impacté négativement les éleveurs et les agriculteurs, surtout les plus petits. C’est ce qu’ont confirmé des parlementaires qui demandent au gouvernement d’intervenir d’urgence pour venir en aide à cette catégorie. Malgré cet appel, les autorités en charge de ce secteur considèrent que ce qui se passe actuellement est «indépendamment de leur volonté».
D’après les déclarations des élus de la Chambre des représentants, lors de la séance plénière pour les questions orales, hier lundi, les prix de l’orge se sont élevés à 400 DH le quintal, ce qui pèse sur les agriculteurs. S’y ajoute une réduction des quantités d’orge subventionnée distribuées aux agriculteurs, qui ne dépasse pas parfois 2 kilogrammes par mouton.
Les intervenants ont souligné que le petit agriculteur en particulier souffre également des prix élevés des engrais, notamment azotés, et ne reçoit aucune aide publique alors que ce sont les grands agriculteurs qui bénéficient le plus des différents programmes et dispositifs mis en place par le ministère de tutelle.
Répondant à cette question, Mohammed Sadiki, Ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, a reconnu l’existence de pénuries en matière de fourrage qui ont affecté les revenus des éleveurs. Il a déclaré que le gouvernement a lancé un programme d’urgence en vue de faire face à l’impact du retard des précipitations sur le bétail englobant 900.000 quintaux. La première phase a concerné la distribution de 540.000 quintaux. Par ailleurs, deux autres phases seront programmées prochainement.
Concernant la hausse des prix des engrais, le ministre a appelé à une différenciation entre deux types d’engrais, à savoir les engrais azotés de surface, qui sont importés, et les engrais de profondeur, qui sont complexes, fabriqués localement, et dépendent du phosphore. Pour ce qui est des engrais azotés, le ministre a indiqué que leur prix a flambé de manière «vertigineuse», prenant de cours le monde entier. Une augmentation qui a été impactée, au niveau mondial, par la hausse des prix du gaz naturel, qui est utilisé dans le processus de production, et par la fermeture de plusieurs unités et lignes de production en Europe de l’Ouest. Le ministre a souligné que les prix de ce type d’engrais, importés, ont augmenté au niveau national malgré leur exonération de la TVA, et l’application d’un droit de douane bas, qui ne dépasse pas 2,5% sur ces importations.
Quant aux engrais fabriqués localement, le ministre a confirmé que leurs prix sont globalement stables et n’ont enregistré qu’une légère augmentation. Il a annoncé que 300.000 tonnes ont été vendues au cours de cette saison, représentant 40% du volume vendu l’année dernière. Il a argué que l’OCP avait tenté cette année de maintenir les prix des engrais locaux au même niveau que l’année dernière.
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L’inquiétante flambée des prix des fourrages et des engrais
22 décembre 2021 - 11:29