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Amnesty International accuse Israël d’une stratégie de famine délibérée à Gaza

18 août 2025 - 13:19

L’ONG de défense des droits humains affirme, dans un rapport publié lundi, qu’Israël impose aux Palestiniens de Gaza une politique de privation alimentaire planifiée. L’ONU et plusieurs ONG préviennent d’un risque imminent de famine généralisée dans l’enclave assiégée.

Amnesty International a dénoncé lundi ce qu’elle qualifie de « politique de famine délibérée » menée par Israël dans la bande de Gaza, où la population vit sous blocus et bombardements depuis octobre 2023. L’organisation s’appuie sur des témoignages de 19 déplacés palestiniens et de deux soignants traitant des enfants malnutris. Ces récits décrivent une dégradation systématique des conditions de vie, qui va bien au-delà des dommages collatéraux des opérations militaires.

« La combinaison mortelle de la faim et de la maladie n’est pas un accident de guerre, mais le résultat voulu de stratégies conçues pour détruire la santé et la survie des Palestiniens de Gaza », affirme Amnesty dans son rapport. L’ONG parle d’un processus méthodique visant à anéantir le tissu social et sanitaire de l’enclave, et y voit un élément constitutif de ce qu’elle qualifie d’« entreprise génocidaire ».

Les Nations unies, de leur côté, mettent en garde depuis plusieurs semaines contre le spectre d’une famine imminente. Les agences humanitaires évoquent des centaines de milliers de personnes privées d’accès régulier à l’eau potable, à l’électricité et surtout à une alimentation suffisante. Le rapport d’Amnesty renforce ces alertes en soulignant que la privation est intégrée à une stratégie politique et militaire, et non réduite aux conséquences indirectes du conflit.

En avril dernier déjà, Amnesty International avait accusé Israël de commettre une « épuration en direct » à Gaza, en référence aux bombardements massifs et à l’effondrement des structures civiles. Le nouveau rapport ajoute une dimension supplémentaire : celle d’une guerre par la faim, qui frappe indistinctement les enfants, les femmes et les personnes âgées.

Du côté israélien, les autorités affirment que l’armée vise les positions du Hamas et que l’aide humanitaire circule vers Gaza sous contrôle international. Les ONG humanitaires contestent cette version et insistent sur la lenteur des procédures, les restrictions au passage des convois et la destruction de points d’approvisionnement essentiels.

Dans ce climat de désolation, le débat international se polarise entre la dénonciation d’une stratégie visant à « affamer pour soumettre » et la justification sécuritaire mise en avant par Israël. L’accusation d’Amnesty place la question alimentaire au centre de la lecture juridique et morale du conflit : si la famine est planifiée, elle devient une arme de guerre prohibée par le droit international humanitaire.

Ce rapport pourrait peser sur les discussions diplomatiques à l’ONU et relancer les pressions pour l’ouverture de couloirs humanitaires durables. Mais il met surtout en lumière l’urgence humanitaire qui écrase le quotidien des habitants de Gaza, confrontés à une survie de plus en plus précaire.

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