Les déclarations du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sur le Sahara marocain ont suscité de nombreuses polémiques, après avoir été remaniées.
Samedi, l’agence de presse française a publié un article affirmant que le secrétaire général des Nations unies appelait le Maroc et le Polisario à « montrer plus d’intérêt pour résoudre le problème du Sahara », l’article a été republié par de nombreux médias internationaux qui considèrent AFP comme une source fiable.
Cependant, en se référant aux déclarations de Guterres, qui sont disponibles sur le site officiel des Nations unies, il s’avère que ce dernier n’a pas spécifié le Maroc et le « Polisario » dans ses déclarations, mais il a évoqué les parties du conflit et a dit à la lettre : « Il est temps que les parties prennent conscience de la nécessité d’un dialogue qui mène à une solution, et non de perpétuer un processus sans fin, sans un espoir sûr d’arriver à une solution.
En se basant sur ses déclarations, et sur la dernière résolution de l’ONU, les parties du conflit sont le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le « Polisario », ce qui explique la présence des quatre partis aux récentes tables rondes, qui ont été organisées par l’ancien envoyé de l’ONU dans la région, Horst Koehler à Genève.
Les observateurs estiment qu’altérer les déclarations de Guterres sur le Sahara est un service gratuit rendu à la thèse algérienne, qui promeut le fait que le conflit du Sahara est un problème entre le front séparatiste et le Royaume du Maroc, niant sa responsabilité historique dans la création de ce conflit régional.
Il est à noter que de Mistura a entamé sa première tournée dans la région, le 13 janvier, depuis le Maroc, auquel il a réitéré sa position sur la nécessité de « reprendre le processus politique sous les auspices exclusifs » des Nations Unies, afin de « parvenir à une solution politique sur la base de l’initiative marocaine d’autonomie, et dans le cadre de la série des tables rondes, en présence des quatre partis : Maroc, Polisario, Algérie et Mauritanie.
De son côté, l’Algérie a fait part à de Mistura de son « refus officiel et irréversible » de reprendre les pourparlers sous forme de tables rondes, tandis que la position du « Polisario » apparaissait vacillante entre parler de « référendum d’autodétermination » et « un retour à un accord de cessez-le-feu.
De Mistura s’est rendu en Mauritanie, et a rencontré son président, alors qu’il devrait visiter d’autres capitales européennes concernées par le conflit, à l’issue d’une tournée qui n’avait guère d’autre espoir que d’écouter les attentes des quatre parties.