>

Maroc : démantèlement d'une cellule liée à Daech, un projet d'attentat de grande ampleur déjoué

06 juillet 2026 - 12:32

Rabat – Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), sur la base de renseignements précis fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a annoncé ce lundi avoir déjoué un projet terroriste d’une extrême gravité, attribué à une cellule liée à la branche sahélienne de l’organisation Daech.

Selon un communiqué du BCIJ, les membres du réseau agissaient avec un soutien logistique et une coordination opérationnelle assurés par la branche de Daech active dans la région du Sahel, avec pour objectif de mener des attaques contre la sécurité de l’État ainsi que contre les personnes et les biens au Maroc.

Les opérations, menées simultanément par les unités spéciales de la DGST, ont eu lieu dans plusieurs villes du Royaume, notamment Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fkih Ben Salah et Safi.

Les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de dix personnes, dont un ancien détenu condamné dans des affaires de terrorisme et un mineur, soupçonnées d’appartenir à cette cellule.

Les perquisitions effectuées aux domiciles des suspects ont permis la saisie d’armes blanches, d’équipements destinés à la préparation d’attentats, d’uniformes militaires, ainsi que de documents à caractère extrémiste détaillant notamment les méthodes de fabrication d’engins explosifs improvisés.

Les enquêteurs ont également découvert des supports numériques contenant deux vidéos d’allégeance à Daech ainsi que des menaces explicites visant à commettre des actes terroristes sur le territoire marocain.

L’enquête a conduit les services de sécurité jusqu’à un entrepôt situé à Inzegane, où ils ont découvert un véhicule tout-terrain dont le réservoir avait été modifié afin de fonctionner au gaz butane. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce véhicule devait être utilisé dans une attaque suicide ou une opération de véhicule-bélier contre des cibles sensibles.

Par mesure de sécurité, les autorités ont procédé à l’évacuation des habitants vivant à proximité avant l’intervention d’une unité spécialisée dans le traitement des explosifs, qui a inspecté le véhicule à l’aide de robots télécommandés et d’équipements de détection.

Dans le même entrepôt, les enquêteurs ont saisi plusieurs bouteilles de gaz butane, des autocuiseurs remplis de clous ou reliés à des câbles électriques, un poste de soudure, du matériel électrique ainsi que diverses substances chimiques qui feront l’objet d’analyses scientifiques.

Selon les informations recueillies par les services de renseignement, les membres de cette cellule avaient prêté allégeance au chef autoproclamé de Daech et auraient reçu récemment des instructions directes de responsables de l’organisation dans la région sahélo-saharienne leur demandant de demeurer au Maroc afin d’y exécuter des opérations terroristes, tout en reportant leur départ vers les zones de conflit.

Les investigations indiquent également que le chef de la cellule avait réparti les missions entre les différents membres : certains étaient chargés d’identifier les cibles, d’autres de la surveillance et du repérage, tandis qu’un troisième groupe était chargé de l’acquisition des matériels nécessaires à la préparation des attaques.

L’enquête judiciaire, menée sous la supervision du parquet chargé des affaires de terrorisme, se poursuit afin d’établir l’ensemble des ramifications nationales et internationales de cette cellule et de déterminer ses liens avec la branche africaine de Daech.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *