L’intégrité n’est plus une simple question de gouvernance nationale. Elle est désormais un facteur déterminant de la compétitivité économique et de l’attractivité des investissements. C’est le message porté par Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, lors de l’ouverture, vendredi à Tanger, d’un colloque international consacré aux lois nationales anticorruption à portée extraterritoriale.
Dans son intervention, Benalilou a estimé que l’essor des chaînes de valeur mondiales, l’intensification des échanges commerciaux et la multiplication des investissements internationaux ont profondément transformé les rapports entre souveraineté juridique et économie mondiale.
Selon lui, l’intégrité et la conformité aux normes internationales sont aujourd’hui des critères aussi importants que la qualité des produits, la capacité d’innovation ou la solidité financière d’une entreprise.
Le responsable a souligné que le Maroc, sous l’impulsion royale, a fait le choix de l’ouverture économique et de son intégration dans les chaînes de valeur mondiales en consolidant un cadre institutionnel fondé sur la confiance, la bonne gouvernance et la transparence.
Il a rappelé que les entreprises marocaines ne sont plus seulement appelées à se distinguer par leurs performances commerciales, mais également à démontrer leur capacité à respecter les standards internationaux en matière de gestion des risques, de conformité et de gouvernance.
Mohamed Benalilou a également insisté sur la nécessité de protéger les entreprises marocaines contre les risques juridiques et financiers liés aux législations anticorruption ayant une portée extraterritoriale. Il a qualifié l’intégrité de « langage commun de l’économie mondiale », devenu un élément central de la réputation et de la crédibilité des entreprises sur les marchés internationaux.
À cette occasion, il a présenté les grandes lignes de la stratégie de l’Instance en faveur du secteur privé. Celle-ci privilégie une approche préventive fondée sur la diligence raisonnable, l’identification précoce des risques et l’évaluation des partenaires commerciaux afin de prévenir les situations de corruption avant qu’elles ne surviennent.
Le président de l’Instance a enfin appelé les entreprises à dépasser une vision strictement juridique de la conformité. Selon lui, la gouvernance constitue aujourd’hui une ressource stratégique, tandis que la conformité représente un investissement dans la pérennité de l’entreprise et non une simple contrainte réglementaire.
« L’intégrité n’est pas un frein à l’investissement ; elle est la condition de son développement et un levier essentiel pour bâtir une économie plus résiliente, plus crédible et tournée vers l’avenir », a-t-il conclu.