L’Espagne et Gibraltar ont ouvert, ce mercredi, un nouveau chapitre de leurs relations avec la suppression des contrôles à la frontière terrestre, conséquence directe du traité conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour définir le statut du territoire britannique après le Brexit.
Dès minuit, piétons et automobilistes ont franchi librement la frontière entre La Línea de la Concepción et Gibraltar, sans contrôle systématique d’identité. Cette mesure met fin aux longues files d’attente qui compliquaient quotidiennement les déplacements d’environ 15 000 travailleurs frontaliers, essentiels à l’économie du Rocher.
Signé mardi à Bruxelles par les représentants de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de l’Espagne et de Gibraltar, l’accord prévoit le transfert des contrôles Schengen vers l’aéroport et le port de Gibraltar, supprimant ainsi les contrôles physiques à la frontière terrestre et entraînant le démantèlement progressif de la célèbre « Verja ».
Le ministre principal de Gibraltar, Fabian Picardo, a salué l’ouverture d’« une nouvelle ère », tandis que le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a estimé que ce traité créait de nouvelles perspectives de coopération, d’investissement et de prospérité pour Gibraltar et l’ensemble du Campo de Gibraltar.
Si l’accord facilite la libre circulation des personnes et renforce les échanges économiques, il ne règle pas le différend historique sur la souveraineté. L’Espagne maintient sa revendication sur Gibraltar, tandis que le Royaume-Uni conserve son administration, conformément aux dispositions du traité.
Cette disparition des contrôles terrestres constitue l’une des principales conséquences concrètes du règlement post-Brexit concernant Gibraltar et marque le début d’une nouvelle phase de coopération entre Bruxelles, Londres, Madrid et les autorités gibraltariennes.