Le Maroc et la France tiennent ce jeudi à Rabat une réunion de haut niveau de leur Commission mixte, marquant une nouvelle étape dans la relance du partenariat stratégique entre les deux pays, quelques mois après le soutien officiel de Paris au plan marocain d’autonomie pour le Sahara.
La rencontre réunit le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et son homologue français, Sébastien Lecornu, accompagnés d’une importante délégation française composée de douze ministres. Après un entretien bilatéral entre les deux chefs de gouvernement, les travaux officiels de la Commission ont débuté au siège du ministère des Affaires étrangères.
Des accords attendus dans plusieurs secteurs stratégiques
Plusieurs réunions sectorielles sont prévues entre les ministres marocains et français, avec à la clé la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente couvrant des domaines jugés prioritaires pour les deux pays.
Sur le plan économique, les discussions portent notamment sur la participation des entreprises françaises aux grands projets d’infrastructures liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030, en particulier dans les secteurs du transport, du ferroviaire et des infrastructures portuaires.
Les deux gouvernements souhaitent également renforcer leur coopération dans le domaine énergétique, avec un accent sur les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, le projet de liaison électrique sous-marine entre le Maroc et la France, ainsi que les perspectives de coopération autour des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) destinés à des usages civils.

Coopération renforcée en matière de défense et de sécurité
La défense figure également parmi les principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour.
Les deux pays examinent plusieurs projets visant à approfondir leur coopération militaire et industrielle, notamment dans le secteur naval. Les discussions portent également sur l’intérêt manifesté par la France pour un éventuel partenariat concernant les sous-marins Scorpène, un dossier suivi de près par plusieurs acteurs internationaux.
Les échanges concernent par ailleurs la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la cybercriminalité, ainsi que la modernisation des accords de coopération judiciaire.
Migration, mobilité et coopération consulaire
Les ministres abordent également les questions liées à la migration régulière et irrégulière, à la coopération consulaire, ainsi qu’aux mesures destinées à faciliter la mobilité des étudiants, des chercheurs et des hommes d’affaires entre les deux pays.

Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Rabat et Paris
Au-delà des dossiers sectoriels, cette Commission mixte revêt une portée hautement politique.
Elle est considérée comme une étape importante dans la reconstruction des relations bilatérales après plusieurs années de tensions diplomatiques, et pourrait ouvrir la voie à la conclusion d’un nouveau traité de partenariat stratégique entre le Maroc et la France.
Selon plusieurs sources concordantes, ce traité pourrait être signé d’ici la fin de l’année à Paris, à l’occasion d’une rencontre entre Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron.
Pour Rabat comme pour Paris, cette réunion traduit la volonté de transformer le rapprochement politique intervenu ces derniers mois en projets concrets dans les domaines économique, énergétique, sécuritaire et industriel, tout en consolidant le partenariat stratégique entre les deux pays.