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Santé mentale au Maroc : 6,5 millions de personnes concernées, 85 % sans prise en charge adaptée

03 septembre 2026 - 13:44

Deux millions d’enfants et de jeunes figurent parmi les personnes touchées. Pour réduire ce déficit considérable de soins, le ministère de la Santé a lancé un plan national doté de près de quatre milliards de dirhams.

Quelque 6,5 millions de Marocains souffrent de troubles de santé mentale, dont deux millions d’enfants et de jeunes. Plus préoccupant encore, 85 % des personnes concernées ne bénéficient pas des soins dont elles ont besoin.

Ces chiffres ont été dévoilés jeudi 3 septembre à Rabat par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, lors du lancement officiel du « Plan Santé mentale 2030 ».

Ce programme vise à renforcer la prévention et le dépistage précoce, à faciliter l’accès aux soins et à améliorer la qualité de la prise en charge. Il prévoit également de développer les dispositifs de réhabilitation et de réinsertion sociale, tout en accordant une attention particulière aux enfants, aux jeunes et aux personnes en situation de vulnérabilité.

Des services de proximité dans toutes les régions

Le ministère entend rapprocher les services de santé mentale des citoyens en renforçant le rôle des établissements de soins de santé primaires et des structures intermédiaires. Le plan prévoit aussi une meilleure coordination avec les hôpitaux et les services spécialisés, ainsi qu’une organisation territoriale davantage adaptée aux besoins de la population.

D’ici à 2030, le nombre de lits consacrés à la santé mentale devrait passer de 2 466 actuellement à environ 4 728. Le Royaume prévoit également de porter le nombre d’hôpitaux psychiatriques de 10 à 17.

Les structures intermédiaires, encore très peu nombreuses, devraient connaître une forte expansion : leur nombre passerait de quatre à 24 afin de proposer une offre de soins couvrant l’ensemble des régions du pays.

Un renforcement important des ressources humaines

Le plan prévoit une augmentation substantielle du nombre de psychologues exerçant dans le secteur public, qui devrait passer de 32 actuellement à 786 à l’horizon 2030.

La capacité annuelle de formation des psychiatres devrait, quant à elle, progresser de 36 à 124 spécialistes. Le nombre d’infirmiers formés chaque année en santé mentale devrait également augmenter, passant de 490 à 750.

Le ministère prévoit parallèlement d’établir un cadre juridique destiné à réglementer l’exercice de la profession de psychologue.

Près de quatre milliards de dirhams mobilisés

Une enveloppe d’environ quatre milliards de dirhams sera consacrée à la mise en œuvre des différentes mesures programmées dans le cadre du « Plan Santé mentale 2030 ».

Selon le ministère, ce plan a été élaboré suivant une approche participative associant 13 départements gouvernementaux, plusieurs acteurs concernés et l’Organisation mondiale de la santé. Il s’articule autour de trois axes stratégiques et de quatre conditions-cadres, déclinés en 86 mesures.

Amine Tahraoui a souligné que le programme entend répondre à une situation qui impose de renforcer les efforts en matière de santé mentale. L’objectif est d’intervenir plus tôt, d’accroître les capacités d’accueil, de renforcer les ressources humaines et d’assurer un meilleur accompagnement des patients durant les différentes étapes de leur parcours de soins.

Le lancement de ce plan s’inscrit dans le cadre de la réforme du système national de santé. Il ambitionne de faire de la santé mentale une composante pleinement intégrée de l’offre de soins, avec des services plus proches des citoyens et mieux adaptés à leurs besoins.

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