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Trump promet un « dividende » de 5 000 dollars si les républicains conservent le Congrès

11 septembre 2026 - 11:41

La mesure coûterait entre 1 200 et 1 400 milliards de dollars et devrait être autorisée par le Congrès. Les recettes douanières invoquées par l’administration sont très insuffisantes, tandis que les économistes redoutent une aggravation du déficit et de l’inflation.

Donald Trump a promis de verser 5 000 dollars à chaque citoyen américain adulte si le Parti républicain conserve la Chambre des représentants et le Sénat lors des élections de mi-mandat du 3 novembre.

« Si les républicains gagnent, vous gagnez avec nous et vous recevez 5 000 dollars. Cela s’appellera le dividende Trump », a déclaré le président lors de la convention républicaine organisée à Dallas, au Texas.

Trump a demandé à ses partisans de voter comme si son propre nom figurait de nouveau sur les bulletins. Son intervention vise à mobiliser une base républicaine confrontée au risque de perdre le contrôle du Congrès, alors que la hausse du coût de la vie et la guerre contre l’Iran pèsent sur sa popularité.

Un coût pouvant atteindre 1 400 milliards de dollars

Les contours de la proposition demeurent imprécis. Le président n’a défini ni les critères d’éligibilité ni les modalités de financement.

Si le versement concernait environ 240 millions de citoyens adultes, son coût atteindrait près de 1 200 milliards de dollars. Une application à l’ensemble des adultes vivant aux États-Unis porterait la facture autour de 1 400 milliards.

Le vice-président JD Vance a affirmé que les recettes générées par les droits de douane pourraient financer le dispositif. Il a ensuite laissé entendre que les contribuables les plus aisés pourraient être exclus, réduisant ainsi le nombre de bénéficiaires.

Cette source de financement reste largement insuffisante. Selon le Congressional Budget Office, l’État fédéral a encaissé environ 167 milliards de dollars de droits de douane au cours de l’exercice fiscal actuel, soit une fraction du coût du programme.

Les droits de douane ne constituent d’ailleurs pas une richesse directement versée par les pays étrangers. Ils sont acquittés par les importateurs américains, qui peuvent en répercuter le coût sur les ménages et les entreprises.

Une autorisation parlementaire indispensable

Présentée sous cette forme, la promesse ne semble pas constituer juridiquement un achat direct de votes. Le versement ne serait pas réservé aux électeurs républicains et ne dépendrait pas du choix individuel effectué dans l’isoloir.

Sa mise en œuvre nécessiterait toutefois l’adoption d’une loi de finances. Le président américain ne peut pas prélever seul plus de mille milliards de dollars sur le Trésor. Le Congrès conserve le pouvoir constitutionnel d’autoriser les dépenses fédérales.

Trump a pourtant déclaré à une chaîne texane qu’il ne pensait pas devoir obtenir l’approbation des parlementaires, sans expliquer sur quelle base juridique l’exécutif pourrait effectuer ces paiements.

L’obstacle budgétaire est tout aussi important. Le déficit fédéral devrait atteindre 1 900 milliards de dollars en 2026, selon les projections du Congressional Budget Office. Faute de recettes nouvelles ou de réductions équivalentes des dépenses, le « dividende » alourdirait encore la dette publique.

Une mesure potentiellement inflationniste

Injecter plus de mille milliards de dollars dans l’économie augmenterait brutalement la demande des ménages. Une telle relance pourrait soutenir momentanément la consommation, mais elle risquerait aussi de provoquer une nouvelle hausse des prix.

Cette contradiction fragilise l’argument politique de Trump. Le président veut répondre à la colère suscitée par le coût de la vie, mais la mesure proposée pourrait renforcer les pressions inflationnistes qu’elle prétend compenser.

Le républicain avait déjà évoqué des chèques financés par les recettes douanières et par les économies réalisées dans l’administration fédérale. Ces projets n’avaient pas été concrétisés.

À ce stade, le « dividende Trump » demeure donc une promesse de campagne sans projet de loi, sans critères précis et sans financement suffisant. Elle peut contribuer à mobiliser l’électorat républicain, mais sa réalisation dépendrait entièrement du futur Congrès et d’arbitrages budgétaires particulièrement difficiles.

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