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L’Iran et les pays du Golfe préparent des négociations sur le détroit d’Ormuz

11 septembre 2026 - 11:22

Les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe devraient rencontrer lundi leur homologue iranien à Salalah, dans le sud d’Oman. Les discussions porteront sur un corridor maritime provisoire destiné à faciliter le passage des navires commerciaux.

Les chefs de la diplomatie des six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) préparent une réunion avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, afin de rechercher un accord temporaire sur la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

La rencontre devrait se tenir lundi dans la ville omanaise de Salalah, selon le Financial Times, qui cite deux personnes informées des préparatifs. Plusieurs États auraient confirmé leur participation, mais les derniers détails restaient à finaliser.

S’il a lieu, ce rendez-vous sera le premier à réunir les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Koweït, de Bahreïn et d’Oman avec un haut responsable iranien depuis le déclenchement, le 28 février, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique.

Un dispositif temporaire

Téhéran et Mascate négocient depuis plusieurs semaines la mise en place d’un corridor permettant aux navires commerciaux d’entrer dans le détroit par les eaux iraniennes et d’en sortir principalement par les eaux omanaises, sans s’acquitter de droits de passage.

En juin, Oman avait déjà annoncé travailler avec l’Organisation maritime internationale pour rendre disponible un corridor temporaire et garantir la liberté de navigation conformément au droit international.

Les deux pays cherchent désormais à obtenir l’adhésion du CCG. Téhéran espère que cet accord régional pourra favoriser la levée du blocus américain sur ses ports, tandis que les monarchies du Golfe veulent garantir la circulation de leurs navires et préserver le caractère provisoire du mécanisme.

La réouverture complète du détroit nécessiterait néanmoins un accord plus large entre l’Iran et les États-Unis. Les deux adversaires ne mènent actuellement aucune négociation directe, mais plusieurs médiateurs maintiennent des canaux indirects dans l’espoir de relancer le dialogue.

Le marché pétrolier réagit

Le détroit d’Ormuz constitue une artère vitale pour l’économie mondiale. Avant les perturbations actuelles, environ 20 millions de barils de pétrole y transitaient quotidiennement, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale de produits pétroliers. Plus de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié empruntait également ce passage.

Les difficultés de navigation ont contribué à la hausse des cours de l’énergie. Après avoir approché 110 dollars jeudi, le baril de Brent est retombé autour de 105 dollars vendredi matin, les perspectives de discussions régionales ayant suscité l’espoir d’une amélioration du trafic.

La situation est rendue plus préoccupante par l’avancée des Houthis au Yémen à proximité de Bab el-Mandeb, autre passage stratégique pour le transport maritime mondial. La perturbation simultanée des deux détroits ferait peser une menace majeure sur les exportations d’énergie et les chaînes d’approvisionnement.

Le futur rendez-vous de Salalah ne constitue donc qu’une première étape. Il pourrait néanmoins permettre aux États du Golfe et à l’Iran de définir des garanties minimales pour les navires commerciaux et d’ouvrir une voie de désescalade dans une région où la poursuite des hostilités menace directement la sécurité collective et l’économie mondiale.

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