Face à la hausse des prix du poulet, qui atteignent près de 30 dirhams le kilogramme dans certains points de vente, l’Observatoire marocain de protection du consommateur défend le recours au boycott volontaire et pacifique. Il réclame parallèlement davantage de transparence sur la formation des prix et un renforcement des contrôles.
Le prix du poulet ravive les inquiétudes sur le pouvoir d’achat des ménages marocains. Alors que le kilogramme atteint environ 30 dirhams dans certains commerces, l’Observatoire marocain de protection du consommateur apporte son soutien aux campagnes de boycott lancées par des consommateurs pour protester contre cette flambée.
Dans un communiqué relayé mercredi 28 octobre par Alyaoum24, l’organisation estime que la réduction volontaire des achats, accompagnée du recours à d’autres produits alimentaires, peut constituer un moyen de pression sur les prix.
L’Observatoire défend ainsi une forme de mobilisation pacifique, fondée sur des informations fiables et sur la liberté de choix des consommateurs.
« Si c’est trop cher, passez votre chemin »
L’association reprend un mot d’ordre populaire, formulé en darija : « Li ghla âlik, khallih », autrement dit : « Si c’est trop cher pour vous, laissez-le et choisissez une alternative. »
Derrière cette formule, l’Observatoire défend une idée simple : le consommateur peut exercer une influence sur le marché en modifiant ses habitudes d’achat.
Selon l’organisation, une baisse de la demande pourrait contribuer progressivement à une détente des prix. Cette évolution reste toutefois conditionnée à plusieurs facteurs, notamment les coûts de production, l’approvisionnement et le comportement des différents intervenants de la filière.
L’Observatoire insiste également sur une précaution essentielle : le boycott ne doit pas pénaliser les petits éleveurs, déjà exposés aux fluctuations des coûts et aux difficultés de commercialisation.
Il considère donc cette mobilisation comme un moyen d’action complémentaire, et non comme un substitut aux responsabilités des pouvoirs publics en matière de surveillance des marchés.
Comment se forme le prix du poulet ?
Au-delà de la contestation des prix, l’Observatoire réclame davantage de transparence sur les différentes étapes de commercialisation.
Il demande la publication régulière de données permettant de connaître les prix pratiqués à la production, dans les circuits de gros et au détail.
L’organisation souhaite également que les différences entre le prix du poulet vivant et celui du poulet abattu soient clairement expliquées, en tenant compte des prestations supplémentaires qui peuvent être facturées.
Cette distinction est importante pour comprendre les écarts observés entre les prix annoncés dans les élevages et ceux finalement payés par les consommateurs.
L’Observatoire appelle en outre à rendre publiques des informations sur les coûts des aliments destinés aux volailles, les prix des poussins et les volumes disponibles sur le marché.
Des contrôles renforcés et une surveillance des intermédiaires
L’association demande aux autorités compétentes d’intensifier les opérations de contrôle, notamment en ce qui concerne l’affichage des prix, la fiabilité des balances et le respect des règles d’hygiène.
Elle souhaite aussi que les marges pratiquées par les intermédiaires soient examinées afin de détecter d’éventuelles irrégularités ou pratiques commerciales illicites.
L’objectif affiché est de mieux identifier les facteurs qui expliquent la hausse des prix, sans attribuer systématiquement la responsabilité à un seul maillon de la chaîne.
L’Observatoire appelle enfin les départements gouvernementaux concernés à prendre des mesures rapides pour favoriser la stabilité du marché, à simplifier les procédures de dépôt des réclamations et à publier les résultats des contrôles effectués.
Le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations
Le débat dépasse la seule question du poulet. Produit largement consommé dans les foyers marocains, la volaille occupe une place importante dans les dépenses alimentaires, notamment pour les familles qui cherchent des alternatives aux viandes rouges.
Sa hausse de prix pèse donc particulièrement sur les budgets modestes.
En soutenant le boycott tout en appelant à préserver les petits producteurs, l’Observatoire marocain de protection du consommateur cherche à concilier deux impératifs : défendre le pouvoir d’achat des ménages et maintenir l’équilibre économique de la filière avicole.
Reste à déterminer si la mobilisation des consommateurs, associée à une surveillance accrue du marché, permettra d’infléchir durablement les prix.