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Brésil : Flávio Bolsonaro s'enfuit vers Miami après sa défaite face à Lula

29 octobre 2026 - 06:38

Le sénateur conservateur a quitté le Brésil malgré une interdiction judiciaire de voyager à l’étranger. Son itinéraire, via l’Argentine et l’Équateur, soulève de nombreuses interrogations sur les circonstances de son départ.

Trois jours après sa défaite à l’élection présidentielle face à Luiz Inácio Lula da Silva, Flávio Bolsonaro a quitté le Brésil dans des circonstances spectaculaires. Le sénateur conservateur de 45 ans, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a atterri mercredi 28 octobre à Miami, après avoir traversé l’Argentine et fait escale en Équateur.

Son départ intervient alors qu’une décision judiciaire lui interdisait de quitter le territoire brésilien dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de blanchiment d’argent.

Pendant près de 24 heures, sa disparition a alimenté les spéculations, y compris parmi ses propres alliés politiques.

Une défaite électorale contestée

Dimanche, Lula a remporté le second tour de la présidentielle avec près de 52 % des voix, contre 48 % pour Flávio Bolsonaro.

Le candidat conservateur a refusé de reconnaître sa défaite, annonçant son intention de demander l’annulation du scrutin. Il contestait notamment une décision judiciaire ayant prolongé les opérations de vote de deux heures.

Lundi, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il affirmait pourtant n’avoir aucune intention de quitter le pays.

Il promettait de remettre ses passeports à la justice et de prendre la tête de l’opposition.

Moins de deux jours plus tard, il se trouvait aux États-Unis.

Une disparition organisée dans la confusion

Mardi, les premières rumeurs d’une fuite vers l’Argentine ont commencé à circuler.

À Brasilia, des journalistes ont observé le départ de trois véhicules noirs associés à la sécurité du sénateur. Mais sa présence dans le convoi n’a jamais pu être confirmée.

Selon plusieurs témoins, le véhicule qu’il utilisait habituellement ne transportait aucun passager visible.

Son directeur de campagne, Rogério Marinho, a reconnu publiquement ignorer où se trouvait le candidat.

Il avait simplement reçu un message annonçant que Bolsonaro resterait quelque temps sans communiquer.

Dans le même temps, une source policière confirmait à l’AFP l’annulation des passeports brésiliens du sénateur, y compris ses documents diplomatiques.

La frontière argentine franchie

La situation s’est éclaircie dans la nuit de mardi à mercredi.

La Direction nationale des migrations argentine a confirmé l’entrée de Flávio Bolsonaro sur son territoire, accompagné de son épouse et de leurs deux filles.

La famille avait emprunté le pont international Tancredo Neves, reliant Foz de Iguaçu, au Brésil, à Puerto Iguazú, en Argentine.

Les autorités argentines ont précisé que le sénateur avait présenté des documents de voyage valables et qu’aucune restriction ne s’opposait à son entrée dans le pays.

Flávio Bolsonaro possède également la nationalité italienne, mais le document exact utilisé pour franchir la frontière n’a pas été précisé.

Une autre question reste sans réponse : comment a-t-il parcouru les quelque 1 500 kilomètres séparant Brasilia de la frontière argentine ?

Une escale en Équateur avant Miami

Depuis Puerto Iguazú, Bolsonaro et sa famille ont embarqué à bord d’un avion privé Gulfstream G400.

L’appareil a rejoint Guayaquil, en Équateur, pour une courte escale destinée au ravitaillement en carburant.

Des journalistes de l’AFP ont constaté son redécollage vers les États-Unis.

Le voyage a suscité un intérêt exceptionnel : environ 927 000 internautes auraient suivi le vol sur Flightradar.

L’avion a finalement atterri à l’aéroport d’Opa-locka, près de Miami.

Un journaliste de l’AFP a vu le sénateur descendre de l’appareil, vêtu d’une chemise noire et portant un sac à dos.

Quelques minutes plus tard, la famille quittait l’aéroport à bord d’un véhicule.

Un nouveau défi pour Lula

L’arrivée de Flávio Bolsonaro aux États-Unis donne désormais une dimension internationale à cette affaire.

L’administration américaine a annoncé son intention de lui accorder un visa, ainsi qu’aux membres de sa famille.

Donald Trump, proche politiquement du clan Bolsonaro, avait dénoncé de supposées irrégularités électorales au Brésil, sans que ces accusations soient établies dans les informations disponibles.

Lula a vivement critiqué la fuite présumée de son adversaire, la qualifiant de honteuse.

Au-delà de la confrontation politique, les interrogations judiciaires demeurent.

Comment un responsable soumis à une interdiction de quitter le territoire a-t-il pu franchir la frontière ? Quelles conséquences cette sortie aura-t-elle sur les enquêtes en cours ?

Pour le Parti libéral, la situation est également délicate : son candidat présidentiel, qui promettait de diriger l’opposition, se trouve désormais à l’étranger.

La fuite de Flávio Bolsonaro ajoute ainsi une nouvelle crise à une vie politique brésilienne déjà profondément divisée.

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