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Maroc : un déficit budgétaire de 33,3 milliards de dirhams à fin septembre, sur fond de fortes dépenses publiques

30 octobre 2026 - 10:18

Les finances publiques marocaines affichent un déficit de 33,3 milliards de dirhams au terme des neuf premiers mois de 2026, selon la Trésorerie générale du Royaume. Malgré un niveau élevé de mobilisation des ressources, les dépenses continuent de dépasser les recettes hors emprunts. Une situation qui remet au premier plan les enjeux de financement, d’investissement et de maîtrise de l’endettement à l’approche de l’exercice budgétaire 2027.

Les finances publiques marocaines restent sous pression. À fin septembre 2026, l’exécution de la loi de finances fait apparaître un déficit budgétaire de 33,3 milliards de dirhams, selon les dernières données publiées par la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

Ce résultat traduit un écart entre les ressources de l’État, hors recettes d’emprunts, et les dépenses engagées, hors amortissement de la dette.

Au cours des neuf premiers mois de l’année, les ressources prises en compte dans ce calcul ont atteint 507,3 milliards de dirhams, contre 540,5 milliards de charges.

Ces chiffres interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des grands investissements publics, l’élargissement des dispositifs de protection sociale et la nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques.

Des dépenses toujours supérieures aux ressources hors emprunts

Le déficit budgétaire constitue un indicateur essentiel de la situation financière de l’État. Il mesure le déséquilibre entre les ressources mobilisées et les dépenses à financer, selon le périmètre comptable retenu.

Dans le cas du Maroc, l’écart enregistré à fin septembre s’établit à 33,3 milliards de dirhams.

Ce niveau ne signifie pas que l’État rencontre une difficulté immédiate pour honorer ses engagements. Il indique cependant que ses ressources hors emprunts demeurent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des charges concernées.

La gestion de ce déséquilibre repose notamment sur le recours au financement, la mobilisation des recettes et la maîtrise de l’évolution des dépenses.

La question est d’autant plus importante que le Maroc poursuit plusieurs programmes structurants, notamment dans les infrastructures, les services publics et la protection sociale.

Un excédent de trésorerie qui ne fait pas disparaître le déficit

Le rapport de la TGR fait également apparaître un excédent global des ressources sur les charges de 3,3 milliards de dirhams.

À première vue, ce résultat pourrait sembler contradictoire avec le déficit budgétaire annoncé. Il s’explique pourtant par l’intégration des opérations d’emprunt et de remboursement de la dette.

À fin septembre, les recettes d’emprunts ont atteint 74,5 milliards de dirhams, tandis que les amortissements de la dette se sont établis à 37,9 milliards.

Une fois ces opérations prises en compte, les ressources globales de l’État atteignent 581,8 milliards de dirhams, contre 578,5 milliards de charges.

L’excédent constaté correspond donc à un solde positif après prise en compte des financements mobilisés.

Il ne traduit pas un retour à l’équilibre budgétaire au sens strict, puisque le recours à l’emprunt demeure nécessaire pour couvrir une partie des dépenses.

Cette distinction est fondamentale : un État peut afficher un déficit budgétaire tout en disposant, à un moment donné, de ressources financières suffisantes pour assurer ses paiements.

Des ressources globales réalisées à 81,6 % des prévisions

Les ressources globales de l’État ont atteint 581,8 milliards de dirhams au troisième trimestre 2026, soit un taux de réalisation de 81,6 % des prévisions de la loi de finances.

Elles proviennent principalement des recettes ordinaires, qui représentent 57,9 % du total.

Les recettes des comptes spéciaux du Trésor constituent 28,9 % des ressources, tandis que les emprunts à moyen et long termes en représentent 12,8 %.

Les services de l’État gérés de manière autonome contribuent, pour leur part, à hauteur de 0,4 %.

Cette répartition illustre la diversité des circuits de financement public, mais également la place importante occupée par les recettes fiscales et les mécanismes budgétaires spécifiques.

Le rapport rappelle par ailleurs qu’à fin décembre 2025, les arriérés de remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée atteignaient 33,5 milliards de dirhams, tandis que les demandes de restitution de l’impôt sur les sociétés représentaient deux milliards.

Ces montants soulignent l’importance de la gestion des remboursements fiscaux dans les relations financières entre l’État et les entreprises.

L’investissement public représente une part significative des charges

Du côté des dépenses, les charges totales de l’État se sont élevées à 578,5 milliards de dirhams, correspondant à 76 % des prévisions annuelles.

Les dépenses ordinaires du budget général représentent 53,4 % de ce montant, tandis que les investissements en constituent 14,7 %.

Les opérations des comptes spéciaux du Trésor comptent pour 25,2 % des charges, contre 6,6 % pour les amortissements de la dette.

La place occupée par l’investissement public reflète le rôle que continue de jouer l’État dans le financement des infrastructures et des programmes de développement.

Toutefois, la soutenabilité de cette politique dépend de plusieurs facteurs, notamment la croissance économique, le rendement des recettes fiscales et la capacité des investissements à générer des retombées durables.

L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à maintenir un niveau élevé de dépenses, mais aussi à en améliorer l’efficacité économique et sociale.

À l’approche de 2027, la question des marges budgétaires

La publication de ces données intervient alors que le débat sur le projet de loi de finances 2027 met en évidence plusieurs priorités : le soutien au pouvoir d’achat, la poursuite des investissements, le financement de la protection sociale et la préservation des équilibres financiers.

Ces objectifs nécessitent des ressources importantes.

Dans ce contexte, l’évolution du déficit budgétaire constitue un indicateur à suivre attentivement, sans qu’il soit possible de tirer des conclusions définitives à partir des seuls résultats des neuf premiers mois.

L’exécution budgétaire peut en effet varier sensiblement au dernier trimestre, en fonction du calendrier des dépenses, du rythme de recouvrement des recettes et des opérations de financement.

Les données publiées par la TGR ne permettent pas, à elles seules, d’établir si le déficit annuel dépassera ou non les objectifs initialement fixés.

Elles mettent néanmoins en évidence un défi durable pour les finances publiques marocaines : concilier les besoins croissants de financement avec une trajectoire d’endettement maîtrisée.

Au-delà du chiffre de 33,3 milliards de dirhams, la question centrale reste celle de la capacité de l’État à financer ses ambitions économiques et sociales tout en préservant les marges budgétaires nécessaires pour faire face aux imprévus.

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