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Sahara marocain: à l’ONU, Omar Hilale et Amar Bendjama s’affrontent sur la Palestine et les camps de Tindouf

31 octobre 2026 - 13:11

Lors d’une séance du Conseil de sécurité consacrée au Sahara occidental, le représentant permanent du Maroc a vivement contesté les comparaisons établies par son homologue algérien avec la question palestinienne. L’échange a également porté sur la situation humanitaire dans les camps de Tindouf et les responsabilités de l’Algérie.

La séance du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée, vendredi 30 octobre, à la question du Sahara occidental a donné lieu à une confrontation diplomatique entre les représentants permanents du Maroc et de l’Algérie, Omar Hilale et Amar Bendjama.

Au-delà de leurs divergences sur le règlement du différend territorial, les deux diplomates se sont opposés sur la référence à la Palestine, les conditions de vie dans les camps de Tindouf et les responsabilités respectives des acteurs concernés.

La Palestine au cœur de la controverse

Réagissant aux propos de son homologue algérien, Omar Hilale a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre le discours d’Alger en faveur de la cause palestinienne et les restrictions qui, selon lui, frappent les manifestations de solidarité avec les Palestiniens en Algérie.

Le diplomate marocain a affirmé que des rassemblements de soutien à la Palestine se tenaient régulièrement au Maroc, alors qu’ils seraient interdits en Algérie.

Il a reproché à Amar Bendjama de donner des leçons au Conseil de sécurité sur la situation des Palestiniens tout en empêchant, selon ses accusations, les citoyens algériens de manifester publiquement leur solidarité.

Ces déclarations relèvent de la controverse diplomatique entre les deux représentants et ne constituent pas, à elles seules, une vérification indépendante de la situation des libertés publiques en Algérie.

Omar Hilale a également rejeté le rapprochement entre la question du Sahara occidental et celle de la Palestine. Il a estimé que les deux dossiers ne pouvaient être assimilés et a insisté sur l’importance des initiatives humanitaires et des efforts diplomatiques concrets pour favoriser les négociations.

Tindouf : le Maroc réclame un recensement des populations

Le représentant marocain a ensuite consacré une partie importante de son intervention à la situation des populations vivant dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien.

Il a renouvelé son appel à leur enregistrement et à leur identification, sous l’égide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Selon Omar Hilale, cette opération permettrait d’établir des données démographiques fiables, de mieux évaluer les besoins humanitaires et de faciliter l’acheminement des aides.

Il a assuré que le Maroc accepterait les résultats d’un tel recensement, quel que soit le nombre de personnes effectivement enregistrées, évoquant même l’hypothèse d’un million d’habitants.

Le diplomate a également soutenu que l’absence d’enregistrement individuel soulevait des difficultés concernant la protection des personnes concernées et l’application des normes internationales relatives aux réfugiés.

Il convient toutefois de distinguer l’enregistrement administratif, la détermination individuelle du statut de réfugié et les obligations de protection internationale : ces mécanismes ne se confondent pas juridiquement.

Liberté de circulation et accusations de militarisation

Omar Hilale a également mis en cause les conditions de circulation et de résidence des habitants des camps.

Selon lui, ces populations devraient pouvoir choisir librement leur lieu d’installation, qu’il s’agisse d’un retour vers le territoire administré par le Maroc ou d’un départ vers d’autres pays.

Il a réaffirmé la disponibilité de Rabat à accueillir les personnes souhaitant revenir, en évoquant la possibilité d’un accompagnement international.

Le représentant marocain a par ailleurs accusé l’Algérie de ne pas exercer pleinement ses responsabilités sur son territoire, ce qui permettrait, selon ses déclarations, au Front Polisario de mener des activités militaires dans les camps, y compris des pratiques de recrutement impliquant des mineurs.

Ces accusations, particulièrement graves, nécessitent d’être distinguées des faits établis par des enquêtes indépendantes. La dépêche rapportant l’échange ne présente pas de vérification autonome de ces allégations.

L’aide humanitaire, autre sujet de désaccord

Évoquant les difficultés alimentaires et matérielles rencontrées par les populations de Tindouf, Omar Hilale s’est appuyé sur des données mentionnées par le représentant américain au Conseil de sécurité.

Il a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre les appels à l’assistance humanitaire et les moyens militaires attribués au Front Polisario.

Le diplomate a notamment interrogé les priorités accordées à l’équipement militaire alors que des familles seraient confrontées à des besoins essentiels en matière d’alimentation et de logement, particulièrement durant l’hiver.

La situation humanitaire des camps constitue un enjeu distinct des positions politiques des parties. L’accès à l’aide et la protection des civils doivent être appréciés à partir de données humanitaires fiables.

Une réponse algérienne volontairement brève

En conclusion, Omar Hilale a remercié les États-Unis, qui portaient le projet de résolution relatif au Sahara, ainsi que les pays ayant soutenu le texte.

Il a affirmé que le Maroc avait fait preuve de souplesse au cours des négociations afin de faciliter la recherche d’un compromis au Conseil de sécurité.

Après son intervention, Amar Bendjama a repris brièvement la parole. Le représentant algérien a indiqué disposer de nombreux éléments de réponse, mais a déclaré préférer ne pas prolonger l’échange par respect pour le Conseil.

Cet affrontement verbal illustre la persistance des divergences entre Rabat et Alger sur le Sahara occidental, mais aussi leur extension à des questions humanitaires et diplomatiques plus larges.

Au-delà de la vigueur des déclarations, le règlement du différend demeure lié aux démarches politiques conduites sous l’égide des Nations unies et aux positions des parties concernées.

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