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Nador West Med entre en service : le Prince Héritier Moulay El Hassan inaugure le premier terminal à conteneurs

31 octobre 2026 - 18:58

Avec 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés, le nouveau complexe industrialo-portuaire ambitionne de transformer la région de l’Oriental en un pôle majeur du commerce maritime, de l’industrie et de la logistique.

Sur Hautes Instructions de S. M. le Roi Mohammed VI, S. A. R. le Prince Héritier Moulay El Hassan a présidé, samedi 31 octobre, le lancement des opérations du premier terminal à conteneurs du port Nador West Med, situé dans la commune d’Iaazzanene, dans la province de Nador.

Cette mise en service marque le début de la phase opérationnelle d’un complexe industrialo-portuaire d’envergure, mobilisant 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés. Elle constitue une nouvelle étape dans la stratégie marocaine de développement des infrastructures portuaires et de renforcement de la compétitivité économique du Royaume.

L’objectif est double : consolider la place du Maroc dans les échanges maritimes internationaux et faire émerger, dans la région de l’Oriental, un nouveau bassin de croissance industrielle, logistique et énergétique.

Un premier terminal capable de traiter 3,5 millions de conteneurs

Le terminal Est, dont les opérations viennent d’être lancées, dispose d’un quai de 1 520 mètres linéaires, d’une profondeur d’eau atteignant 18 mètres et d’une superficie de 70 hectares.

Sa capacité devrait atteindre 3,5 millions de conteneurs par an à l’horizon 2030, pour un investissement d’environ 5 milliards de dirhams.

Son exploitation et sa maintenance ont été confiées, dans le cadre d’une concession de 25 ans, à un consortium réunissant Marsa Maroc et Terminal Investment Limited (TiL), filiale du groupe MSC, acteur majeur du transport maritime mondial.

Un second terminal, situé dans la partie ouest du complexe, viendra compléter cette infrastructure. Doté d’une capacité de 1,8 million d’équivalents vingt pieds (EVP), il représente un investissement de 3 milliards de dirhams.

Son exploitation a été attribuée à un consortium associant Marsa Maroc et le groupe français CMA CGM. Le terminal disposera de 900 mètres de quais et de 38 hectares de superficie.

Sa mise en service est prévue en avril 2027. À terme, les deux terminaux porteront la capacité globale du port à 5,3 millions de conteneurs par an.

Une plateforme portuaire à vocation industrielle et énergétique

Au-delà du trafic de conteneurs, Nador West Med a été conçu comme un complexe polyvalent, capable d’accueillir différentes activités commerciales et industrielles.

Il comprendra notamment un terminal de marchandises diverses de 22 hectares, d’une capacité de 3 millions de tonnes, dont l’exploitation devrait débuter en décembre 2028, ainsi qu’un terminal de vracs solides pouvant traiter 7 millions de tonnes, attendu pour juin 2027.

Le port dispose également d’un terminal roulier, destiné au transport de véhicules et d’unités de fret roulant, d’une capacité de 400 000 unités. Cette installation, équipée d’un quai de 380 mètres, a été livrée en septembre 2026.

La dimension énergétique occupe également une place importante dans le projet. Le complexe accueillera un terminal de gaz naturel liquéfié d’une capacité annoncée de 5 milliards de mètres cubes, ainsi qu’un terminal d’hydrocarbures pouvant traiter 25 millions de tonnes. La mise en exploitation de ce dernier est programmée à partir d’avril 2027.

Ces équipements doivent contribuer à diversifier les activités du port et à renforcer les capacités logistiques et énergétiques du Royaume.

34 000 emplois attendus : un enjeu majeur pour l’Oriental

L’impact économique du projet constitue l’un de ses principaux enjeux.

Selon les données communiquées à l’occasion de cette inauguration, le complexe devrait permettre la création, à court terme, de 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects, soit un total de 34 000 postes.

Le projet comprend également une plateforme industrielle et logistique de 700 hectares, destinée à accueillir de nouvelles activités productives et de services. Les investissements privés prévus pour cette zone atteignent 12 milliards de dirhams.

Pour la région de l’Oriental, confrontée à des défis persistants en matière d’emploi et de diversification économique, cette infrastructure pourrait constituer un levier de transformation important.

Toutefois, la portée réelle de cette dynamique dépendra notamment de la capacité à attirer durablement les entreprises, à favoriser les retombées économiques locales et à adapter les qualifications professionnelles aux besoins des nouveaux métiers.

Dans cette perspective, des programmes de formation spécialisés doivent être accélérés, conformément aux Hautes Instructions Royales, afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes et de répondre aux besoins des activités industrielles et logistiques émergentes.

Une connexion ferroviaire et autoroutière pour désenclaver le territoire

La compétitivité d’un grand port ne repose pas uniquement sur ses capacités de manutention. Elle dépend également de la qualité de ses connexions avec les réseaux de transport et les zones de production.

Le projet Nador West Med s’accompagne ainsi d’importantes infrastructures de desserte, notamment une liaison ferroviaire de 49 kilomètres reliant Selouane au complexe portuaire et une autoroute de 105 kilomètres à partir de Guercif.

Ces équipements visent à fluidifier la circulation des marchandises, à faciliter l’accès aux plateformes industrielles et à renforcer l’intégration de l’Oriental aux grands circuits économiques nationaux.

Ils devraient également contribuer à améliorer l’attractivité du territoire auprès des investisseurs.

Tanger Med, Nador West Med et Dakhla Atlantique : une nouvelle géographie portuaire

L’entrée en service de Nador West Med s’inscrit dans une stratégie portuaire plus large, portée par la vision de S. M. le Roi Mohammed VI.

Après la réussite de Tanger Med, devenu une plateforme de référence dans les échanges maritimes internationaux, le Royaume poursuit la diversification de son offre portuaire en développant de nouvelles infrastructures complémentaires.

Sur la façade méditerranéenne, Nador West Med entend capter une partie des flux commerciaux reliant l’Europe, le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et l’Asie, tout en soutenant l’industrialisation de l’Oriental.

Sur la façade atlantique, le projet Dakhla Atlantique participe à une autre ambition stratégique : renforcer les connexions économiques avec l’Afrique et offrir de nouvelles perspectives logistiques aux pays du Sahel.

Cette complémentarité entre les grands ports marocains pourrait contribuer à consolider le positionnement du Royaume comme plateforme industrielle et logistique entre l’Europe, l’Afrique et les marchés mondiaux.

Le premier conteneur déchargé en présence du Prince Héritier

La cérémonie de lancement a été marquée par une opération hautement symbolique : S. A. R. le Prince Héritier Moulay El Hassan a présidé le déchargement du premier conteneur d’un navire commercial au terminal Est.

À son arrivée au complexe, le Prince Héritier a passé en revue un détachement de la Garde Royale qui rendait les honneurs, avant d’être salué par plusieurs membres du gouvernement, responsables territoriaux et institutionnels, ainsi que par les dirigeants des entreprises partenaires du projet.

Cette première opération concrétise le passage de Nador West Med de la phase de construction à celle de l’exploitation commerciale.

Au-delà de la performance portuaire, le véritable défi sera désormais de transformer cet investissement majeur en emplois durables, en activités industrielles créatrices de valeur et en développement territorial équilibré. C’est à cette condition que Nador West Med pourra pleinement jouer son rôle de nouveau moteur économique pour l’Oriental et pour l’ensemble du Maroc.

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