Les principales épreuves de courses de dromadaires se sont achevées dimanche 1er novembre à Tan-Tan, dans le cadre de la 19e édition du Moussem de Tan-Tan. Entre compétition sportive, transmission des traditions nomades et valorisation du patrimoine saharien, cet événement emblématique confirme sa place dans la préservation de la culture hassanie et des savoir-faire liés à l’élevage camelin.
Le champ de courses Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane, situé dans la province de Tan-Tan, a accueilli les épreuves finales de cette compétition traditionnelle, qui rassemble chaque année des éleveurs et des passionnés de courses de dromadaires venus de différentes provinces du Royaume.
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités marocaines et étrangères, notamment Jalal Charaf, présenté comme ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie solidaire, Mohamed Fadel Benyaïch, président de la Fondation Almouggar, ainsi que le chef de la délégation émiratie.
Le ministre cap-verdien de la Culture, des Industries créatives, de la Jeunesse et des Sports, António Augusto Sequeira Duarte, a également assisté à cette manifestation.
Huit épreuves entre tradition et modernité
Les compétitions ont comporté huit manches principales, dont une réservée aux jockeys traditionnels et sept disputées avec des jockeys robotisés, une technologie désormais utilisée dans plusieurs compétitions de courses de dromadaires.
Les propriétaires et éleveurs des animaux vainqueurs ont reçu des prix récompensant leurs performances et leur engagement dans la préservation de cette pratique ancestrale.
Selon Najem Ouaâbane, premier vice-président et porte-parole de la Fédération générale des courses de dromadaires au Maroc, cette édition s’est distinguée par une participation importante des éleveurs et par la qualité de son organisation.
Il a souligné que ces compétitions constituent une occasion privilégiée de soutenir les professionnels de l’élevage camelin, tout en renforçant la visibilité d’une tradition profondément enracinée dans les provinces sahariennes.
Un patrimoine vivant transmis aux nouvelles générations
Au-delà de leur dimension sportive, les courses de dromadaires représentent un élément essentiel de l’identité culturelle des populations nomades du Sahara.
Le Moussem de Tan-Tan met également à l’honneur d’autres pratiques traditionnelles, notamment les concours de beauté des dromadaires, connus sous le nom de mazayna, et les épreuves de traite des chamelles.
Pour Sahil El Baz, membre de la Fédération générale des courses de dromadaires et éleveur participant, la transmission de ces savoir-faire constitue une responsabilité familiale et collective.
Il explique ainsi veiller à initier ses enfants, dès leur plus jeune âge, aux techniques d’élevage et aux règles des courses, afin d’assurer la continuité de ce patrimoine.
Cette dimension intergénérationnelle demeure l’un des fondements du Moussem, qui cherche à préserver les traditions tout en les adaptant aux évolutions contemporaines.

Tan-Tan, vitrine du patrimoine saharien marocain
Inauguré en 2017, le champ de courses Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane dispose d’une piste d’environ quatre kilomètres et d’équipements modernes permettant d’organiser les compétitions dans des conditions adaptées aux standards internationaux.
Cette infrastructure illustre également la coopération culturelle entre le Maroc et les Émirats arabes unis, particulièrement dans les domaines liés à la valorisation des traditions sahariennes.
Organisée par la Fondation Almouggar, sous le Haut Patronage de S. M. le Roi Mohammed VI, la 19e édition du Moussem de Tan-Tan se poursuit jusqu’au mardi 3 novembre 2026.
Son programme associe spectacles artistiques, fantasia, courses de dromadaires, concours traditionnels et rencontres consacrées à l’investissement ainsi qu’à la culture hassanie.
Au-delà de sa dimension festive, le Moussem constitue un espace de rencontre entre les générations, les communautés et les acteurs culturels, contribuant au rayonnement du patrimoine immatériel saharien.
Il rappelle également que la sauvegarde des traditions ne repose pas uniquement sur leur célébration ponctuelle, mais aussi sur leur transmission, leur valorisation économique et leur inscription durable dans la vie des populations locales.