Avec onze productions réparties dans plusieurs sections de sa programmation, la 23e édition du Festival international du film de Marrakech, prévue du 20 au 28 novembre 2026, accordera une place importante à la création cinématographique marocaine. Entre premières mondiales, compétition internationale et découverte de nouveaux talents, cette présence témoigne de la diversité des écritures et des ambitions d’un cinéma national en pleine évolution.
Le Festival international du film de Marrakech (FIFM) s’apprête à accueillir une sélection de films marocains qui reflète la pluralité des sensibilités artistiques et des approches narratives développées par les cinéastes du Royaume.
Fictions, documentaires, œuvres de jeunes réalisateurs et productions destinées au grand public composeront une programmation où le cinéma marocain ne sera pas seulement représenté, mais appelé à dialoguer avec les créations venues d’autres horizons.
À ces onze films s’ajouteront trois productions étrangères tournées au Maroc, rappelant également l’attractivité du Royaume comme territoire d’accueil des tournages internationaux.
« Alkebulan », un film marocain dans la course à l’Étoile d’or
Parmi les œuvres les plus attendues figure Alkebulan, du réalisateur Yassine Marco Marroccu, sélectionné en compétition officielle.
Cette coproduction réunissant le Maroc, la Hongrie et le Qatar sera présentée en première mondiale à Marrakech. Elle rassemble notamment Mohamed Zouaoui, Sonia Okacha, Mourad Hmimou, Aliou Ba, Boubacar Niang et Michele Venitucci.
Le film fait partie des quatorze longs métrages en compétition pour l’Étoile d’or, principale récompense du festival, qui sera attribuée cette année par un jury présidé par l’actrice française Marion Cotillard.
Accompagné dans son développement par les Ateliers de l’Atlas, Alkebulan illustre le rôle croissant des dispositifs de soutien à la création dans l’émergence de projets marocains à dimension internationale.
Sa sélection offre également une visibilité particulière à un cinéma qui cherche à élargir ses réseaux de coproduction et ses possibilités de diffusion au-delà des frontières nationales.
Laïla Marrakchi à l’honneur avec « La más dulce »
Autre rendez-vous important de cette édition, La más dulce, réalisé par Laïla Marrakchi, sera projeté dans la section Gala.
Le long métrage a été choisi pour représenter le Maroc dans la course à l’Oscar du meilleur film international en 2027, une sélection nationale qui ne préjuge toutefois pas de sa présence parmi les nominations définitives de l’Académie américaine.
Également soutenu par les Ateliers de l’Atlas, le film marque la présence d’une cinéaste marocaine dont le parcours s’inscrit dans une démarche d’ouverture aux différentes réalités sociales et culturelles.
Sa programmation à Marrakech constitue une occasion de présenter cette nouvelle réalisation au public marocain et aux professionnels internationaux présents au festival.
Six films pour explorer la diversité du cinéma marocain
La section Panorama du cinéma marocain proposera six longs métrages, mêlant fiction et documentaire, dont trois annoncés en première mondiale.
Le public pourra notamment découvrir Banou !, documentaire de Mouhssine El Badaoui, et Bardi, documentaire de Tala Hadid ayant bénéficié de l’accompagnement des Ateliers de l’Atlas.
La sélection comprend également Cagoules de Mohamed Mouftakir, Halima de Yassine El Idrissi, L’Homme des Signes de Zhor Fassi-Fihri et Jusqu’à l’aube de Mohamed Zineddine, ce dernier ayant également été soutenu par les Ateliers de l’Atlas.
Cette diversité de réalisateurs et de genres souligne la volonté du festival de rendre compte de plusieurs générations de cinéastes, sans réduire le cinéma marocain à une esthétique ou à une thématique unique.
La place accordée au documentaire mérite une attention particulière. Ce genre offre aux réalisateurs des possibilités d’exploration du réel, de la mémoire et des transformations sociales, tout en contribuant à enrichir les formes de narration cinématographique.
Une programmation ouverte aux familles
Le festival entend également rapprocher le cinéma des jeunes spectateurs et des familles.
Dans cette perspective, la section Jeune public et familles accueillera Toutes sauf ma mère, du réalisateur Mohcine Besri.
Cette programmation rappelle que le développement d’une véritable culture cinématographique passe aussi par la sensibilisation des nouvelles générations et par l’élargissement des publics.
Les Ateliers de l’Atlas, un levier pour la création nationale
Au-delà de la présence des films marocains, cette édition met en évidence le rôle des Ateliers de l’Atlas, dispositif professionnel du FIFM consacré à l’accompagnement de projets cinématographiques.
Plusieurs œuvres programmées cette année ont bénéficié de ce soutien, notamment Alkebulan, La más dulce, Bardi et Jusqu’à l’aube.
Ce lien entre accompagnement des projets et présentation des films constitue un enjeu important pour l’industrie cinématographique marocaine. Il contribue à renforcer les conditions de production, à favoriser les coproductions internationales et à faciliter l’accès des réalisateurs aux réseaux professionnels.
Pour autant, la visibilité dans les festivals ne suffit pas à elle seule à garantir la consolidation du secteur. La distribution des œuvres, leur circulation dans les salles marocaines et leur rencontre avec le public national demeurent des défis essentiels.
Marrakech, vitrine internationale d’un cinéma en mutation
Avec cette programmation, la 23e édition du FIFM confirme son rôle de plateforme de rencontre entre le cinéma marocain et la création internationale.
La présence de onze films nationaux, répartis entre compétition, Gala, Panorama et programmation familiale, traduit une volonté de donner à voir la diversité d’une production qui se renouvelle.
L’enjeu dépasse toutefois le nombre de films sélectionnés. Il réside dans la capacité de ces œuvres à trouver des publics, à circuler durablement et à contribuer à l’affirmation d’une industrie cinématographique nationale à la fois créative, structurée et ouverte sur le monde.
Du 20 au 28 novembre, Marrakech offrira ainsi une nouvelle occasion de mesurer le chemin parcouru par le cinéma marocain et les perspectives qui s’ouvrent à ses réalisateurs.