Pékin intensifie ses démarches auprès de l’Iran, de l’Arabie saoudite et d’Oman afin de favoriser une désescalade au Moyen-Orient. Alors que le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran continue de menacer la stabilité régionale et les approvisionnements énergétiques, la diplomatie chinoise mise sur le dialogue politique et prépare l’envoi d’un émissaire spécial dans plusieurs pays du Golfe.
La Chine entend jouer un rôle plus actif dans les efforts internationaux visant à réduire les tensions au Moyen-Orient.
Mardi 3 novembre, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a réaffirmé la volonté de Pékin de poursuivre ses initiatives diplomatiques pour encourager les négociations et prévenir une nouvelle aggravation de la crise.
Cette prise de position intervient au lendemain d’une série de rencontres de haut niveau organisées dans la capitale chinoise avec des responsables iraniens, saoudiens et omanais.
Wang Yi multiplie les contacts avec Téhéran et Riyad
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a reçu lundi, séparément, Ali Bagheri Kani, secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Musaed ben Mohammed Al-Aiban, conseiller à la sécurité nationale de l’Arabie saoudite.
Au cours de ces entretiens, le chef de la diplomatie chinoise a plaidé pour une solution politique aux différends régionaux, estimant qu’une reprise des affrontements armés ne ferait qu’aggraver une situation déjà fragile.
Avec son interlocuteur iranien, Wang Yi a également réaffirmé le soutien de Pékin à la souveraineté et à la sécurité de l’Iran.
Lors de sa rencontre avec le responsable saoudien, il a insisté sur la nécessité de préserver la sécurité des approvisionnements énergétiques et des voies maritimes.
Ces échanges illustrent la volonté chinoise de maintenir un dialogue avec plusieurs acteurs régionaux dont les intérêts ne convergent pas toujours.
Ils ne constituent toutefois pas, à ce stade, une négociation directe entre les protagonistes du conflit.
Xi Jinping reçoit le sultan d’Oman
Parallèlement aux rencontres conduites par Wang Yi, le président chinois Xi Jinping s’est entretenu à Pékin avec le sultan d’Oman, Haitham ben Tariq.
Le dirigeant chinois a appelé à éviter que le Moyen-Orient et la région du Golfe deviennent des terrains de confrontation entre grandes puissances.
Les deux pays ont également exprimé leur soutien à une solution diplomatique et à la reprise d’une navigation sûre dans le détroit d’Ormuz.
Oman occupe une place particulière dans les équilibres régionaux, notamment en raison de ses relations avec l’Iran et de son expérience dans la facilitation des contacts diplomatiques.
La coopération entre Pékin et Mascate pourrait ainsi contribuer à maintenir des canaux de communication dans une période de fortes tensions.
Le détroit d’Ormuz, un enjeu stratégique pour Pékin
Au-delà des considérations diplomatiques, la stabilité du golfe Persique constitue un enjeu économique majeur pour la Chine.
Le détroit d’Ormuz représente l’une des principales voies de transit du pétrole mondial. Avant le conflit, environ 45 % des importations chinoises de pétrole empruntaient ce passage maritime, selon les données rapportées par EFE.
Les perturbations de la navigation exposent les économies importatrices à des risques de hausse des coûts, de retards d’approvisionnement et de volatilité des marchés énergétiques.
Pour Pékin, la réouverture et la sécurisation de cette route commerciale répondent donc à un impératif économique autant qu’à une préoccupation diplomatique.
Cette double dimension explique l’attention particulière accordée par la Chine aux développements dans le Golfe.
Un émissaire spécial attendu dans trois pays
Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé que Zhai Jun, envoyé spécial du gouvernement pour le Moyen-Orient, se rendra en Iran, à Oman et en Arabie saoudite entre le début et la mi-novembre.
Cette mission vise à encourager les discussions politiques, à réduire les tensions et à explorer les possibilités d’un apaisement régional.
Elle intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques cherchent à éviter une reprise des hostilités et à restaurer la sécurité des routes maritimes.
La portée de cette tournée dépendra cependant de la volonté des gouvernements concernés et de la capacité des différentes parties à rapprocher leurs positions.
Une ambition diplomatique confrontée aux réalités du conflit
L’activisme de Pékin témoigne de son ambition de renforcer son influence diplomatique au Moyen-Orient.
La Chine dispose d’importantes relations économiques avec l’Iran, l’Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe, ce qui lui permet de dialoguer avec des acteurs aux orientations stratégiques parfois divergentes.
Cette présence ne garantit cependant pas sa capacité à obtenir des concessions politiques ou à imposer une dynamique de négociation.
Une médiation efficace supposerait notamment l’adhésion des parties directement engagées dans le conflit, y compris Washington et Téhéran, ainsi que des garanties susceptibles d’accompagner un éventuel accord.
Pour l’heure, la diplomatie chinoise cherche surtout à prévenir une nouvelle escalade et à favoriser le retour des discussions.
Les prochaines semaines permettront de mesurer si ces démarches peuvent contribuer à des avancées concrètes ou si les divergences stratégiques continueront de limiter les perspectives d’apaisement.