Le courant « Khat Achahid » (Ligne du martyr), opposé à la direction du Front Polisario, appelle à l’instauration d’une autonomie effective des Sahraouis dans le cadre du Royaume du Maroc. Le mouvement estime que l’impasse du processus référendaire impose une nouvelle approche politique, fondée sur le réalisme, le dialogue et la participation des différentes sensibilités sahraouies.
Dans un communiqué relayé le 3 novembre 2026 par AlYaoum24, le courant dissident Khat Achahid critique la stratégie poursuivie depuis plusieurs décennies par la direction du Front Polisario. Selon lui, le maintien de l’option référendaire n’a pas permis d’aboutir à une solution politique, tandis que les populations vivant dans les camps de Tindouf continuent de subir les conséquences d’un conflit prolongé.
Le mouvement considère que les développements récents autour de la MINURSO doivent être mis à profit pour ouvrir une nouvelle étape dans le règlement du différend sur le Sahara.
Une remise en cause de la stratégie du Polisario
Khat Achahid reproche à la direction du Front Polisario d’avoir entretenu pendant des décennies des perspectives politiques qui ne se sont pas concrétisées.
Le courant dénonce ce qu’il considère comme des promesses sans lendemain et des victoires illusoires, estimant que les populations des camps de Tindouf ont payé le prix de cette impasse.
Face à cette situation, il appelle les différentes parties à privilégier la retenue et le dialogue plutôt qu’une nouvelle escalade militaire.
Une autonomie réelle, avec des compétences effectives
La proposition centrale du mouvement repose sur une autonomie des Sahraouis dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Khat Achahid insiste sur la nécessité de doter cette autonomie de compétences politiques, économiques, sociales et culturelles permettant aux populations concernées de gérer leurs propres affaires.
Le mouvement réclame également la participation des différentes forces politiques sahraouies à l’élaboration d’un éventuel accord, afin de garantir une représentation plus large des sensibilités présentes dans la région.
Cette exigence de pluralisme constitue l’un des aspects les plus significatifs de sa prise de position. Elle soulève notamment la question de la représentation politique des Sahraouis et des garanties institutionnelles qui pourraient accompagner un futur statut d’autonomie.
Tindouf et les territoires situés à l’est du dispositif de défense
Le communiqué évoque également plusieurs questions que le courant juge indispensables à un règlement durable.
Il appelle notamment au retour des Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf, dans des conditions garantissant leur dignité et leur réinstallation. Un tel processus devrait également respecter le caractère volontaire du retour et les droits des personnes concernées.
Khat Achahid demande par ailleurs que soit examinée la situation des territoires situés à l’est du dispositif de défense marocain, dont il estime la superficie à environ 20 % du territoire du Sahara.
Le mouvement considère que cette question doit être intégrée à toute perspective de règlement global.
Il souhaite enfin qu’une solution politique permette, à terme, de clore le traitement récurrent du dossier devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil de sécurité.
Une voix dissidente dans le débat sur l’avenir du Sahara
La déclaration de Khat Achahid met en évidence l’existence de divergences politiques parmi les courants sahraouis, notamment sur les moyens de parvenir à un règlement du conflit.
En défendant une autonomie sous souveraineté marocaine, le mouvement se démarque de la ligne officielle du Front Polisario, tout en insistant sur la nécessité d’associer les Sahraouis à la définition de leur avenir institutionnel.
Sa position soulève une question de fond : au-delà du cadre diplomatique, la viabilité d’une solution politique dépendra également des garanties de représentation, de participation démocratique et de gestion effective des affaires locales.
Le communiqué constitue ainsi un plaidoyer en faveur d’une solution négociée, présentée par ses auteurs comme une alternative à la prolongation du statu quo.