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Exportations marocaines : « Power Export » attire 535 entreprises, mais révèle de fortes disparités régionales

04 novembre 2026 - 09:03

Le programme « Power Export », destiné à élargir la base des entreprises exportatrices marocaines, a enregistré 535 candidatures lors de sa première phase de déploiement. Si cet intérêt témoigne d’une volonté de conquérir de nouveaux marchés internationaux, la concentration des demandes dans quelques régions souligne les déséquilibres territoriaux qui continuent de caractériser le tissu productif national.

Le Maroc cherche à renforcer sa présence sur les marchés extérieurs en accompagnant davantage d’entreprises vers l’exportation. Mais au-delà des ambitions affichées, la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à mobiliser les petites et moyennes entreprises, notamment dans les régions moins intégrées aux circuits du commerce international.

Mardi 3 novembre, devant la Chambre des conseillers, Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a présenté les premiers chiffres du programme « Power Export », inscrit dans la feuille de route nationale du commerce extérieur 2025-2027.

Le dispositif ambitionne de faire émerger 600 nouvelles entreprises exportatrices, tout en renforçant les capacités commerciales et techniques des sociétés déjà présentes sur les marchés internationaux.

Casablanca-Settat concentre près de quatre candidatures sur dix

La répartition géographique des 535 demandes révèle une forte concentration territoriale.

La région de Casablanca-Settat arrive largement en tête avec 38,4 % des candidatures, devant Marrakech-Safi (11,5 %), Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra (10,2 % chacune).

Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma représentent chacune 9,5 % des demandes, tandis que les six autres régions du Royaume ne totalisent que 12,8 %.

Cette distribution reflète en partie le poids économique et industriel des principaux pôles du pays. Elle soulève néanmoins une interrogation essentielle : comment garantir que les dispositifs publics d’accompagnement à l’exportation profitent également aux entreprises implantées dans les territoires moins industrialisés ?

Omar Hejira a lui-même insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les acteurs économiques et institutionnels au niveau régional afin de promouvoir une plus grande équité territoriale.

Seules 230 entreprises candidates n’ont jamais exporté

L’examen du profil des entreprises candidates permet de mieux apprécier la portée du programme.

Sur les 535 demandes enregistrées, 230 proviennent d’entreprises n’ayant encore jamais exporté. Elles doivent bénéficier d’un diagnostic initial destiné à évaluer leur potentiel commercial, leurs capacités de production et leurs besoins d’accompagnement.

Les 305 autres candidatures concernent des entreprises déjà engagées, à des degrés divers, dans le commerce international.

Parmi elles, 235 disposent de capacités d’exportation jugées insuffisamment exploitées, tandis que 70 réalisent des ventes limitées à l’étranger et cherchent à développer leur activité.

Cette répartition met en lumière deux objectifs complémentaires : faciliter l’entrée de nouveaux opérateurs sur les marchés extérieurs et améliorer les performances des entreprises exportatrices existantes.

Elle invite aussi à distinguer le nombre de candidatures reçues du nombre d’entreprises effectivement accompagnées, puis de celles qui réussiront à exporter durablement.

Un accompagnement qui dépasse le simple financement

Le programme « Power Export » prévoit plusieurs formes de soutien adaptées aux besoins des entreprises.

L’accompagnement porte notamment sur l’obtention des certifications de conformité exigées sur certains marchés étrangers, la promotion des produits marocains sur les plateformes internationales de commerce électronique et la mise en relation avec des agents commerciaux à l’étranger.

La participation aux salons professionnels internationaux figure également parmi les instruments mobilisés pour améliorer la visibilité des entreprises et faciliter leur accès à de nouveaux débouchés.

Cette approche répond à une difficulté récurrente du commerce extérieur : disposer d’un produit compétitif ne suffit pas toujours pour pénétrer un marché international.

Les exigences réglementaires, les coûts logistiques, les normes de qualité et l’identification de partenaires commerciaux constituent autant d’obstacles, particulièrement pour les petites structures.

L’efficacité du programme dépendra donc de la qualité de l’accompagnement proposé, mais aussi de sa capacité à produire des résultats commerciaux mesurables.

Le véritable enjeu : transformer les candidatures en exportations

Les premiers chiffres de « Power Export » témoignent d’un intérêt réel des entreprises pour les dispositifs publics de soutien à l’internationalisation. Ils ne permettent toutefois pas encore d’évaluer les retombées économiques du programme.

Le nombre de sociétés effectivement sélectionnées, la part de celles qui réaliseront leurs premières ventes à l’étranger, les marchés conquis et la progression des chiffres d’affaires à l’exportation constitueront des indicateurs déterminants.

La dimension territoriale devra également être suivie de près. Une stratégie visant à élargir la base exportatrice nationale ne saurait se limiter à consolider les régions déjà dominantes.

Pour les pouvoirs publics, le défi consiste désormais à transformer un dispositif d’accompagnement en véritable levier de diversification économique, capable de faire émerger de nouveaux exportateurs dans l’ensemble du Royaume.

Avec 535 candidatures enregistrées, « Power Export » franchit une première étape. Mais son succès se mesurera moins au nombre de dossiers déposés qu’à sa capacité à créer de nouveaux exportateurs compétitifs et durables.

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