Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication fait état de nouvelles opérations de classement, d’inventaire et de sauvegarde du patrimoine national. Plus de 200 millions de dirhams ont notamment été mobilisés pour la réhabilitation des tissus urbains anciens.
Le patrimoine culturel marocain occupe une place importante dans le bilan présenté à l’occasion de l’examen du projet de budget 2027 devant la Chambre des représentants. Les données communiquées font état de centaines de nouveaux monuments et sites protégés, de milliers de biens patrimoniaux inventoriés et de programmes de réhabilitation des villes anciennes.
Cette démarche s’inscrit dans une politique de préservation et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel du Royaume, confronté à des enjeux croissants de conservation, d’entretien et de transmission aux générations futures.
Plus de 1 800 monuments et sites inscrits ou classés
Selon les données présentées dans le cadre du projet budgétaire, 332 monuments et sites patrimoniaux supplémentaires ont fait l’objet de mesures d’inscription ou de classement.
Ces nouvelles opérations portent à 1 846 le nombre total de monuments et sites inscrits ou classés à l’échelle nationale.
Parallèlement, 218 monuments historiques et édifices anciens ont été recensés et documentés dans le cadre de l’inventaire du patrimoine national.
Le nombre total de bâtiments et d’éléments du patrimoine architectural et archéologique inventoriés atteint désormais 8 300.
Ces opérations constituent une étape essentielle dans l’identification et la documentation des biens culturels, préalables indispensables à la mise en œuvre de mesures de protection et de restauration adaptées.
Un inventaire de plus de 8 000 objets patrimoniaux
Le programme de sauvegarde a également concerné les collections conservées dans les musées nationaux.
Au total, 576 nouveaux objets patrimoniaux ont été inventoriés, portant à 8 076 le nombre de pièces et d’objets archéologiques recensés à l’échelle nationale.
L’inventaire muséal permet de renforcer la traçabilité des collections, d’améliorer leur documentation et de faciliter leur conservation.
Il contribue également à une meilleure connaissance des richesses historiques et artistiques du pays, tout en constituant un outil de prévention contre la disparition ou la circulation illicite des biens culturels.
Une reconnaissance accrue du patrimoine marocain auprès de l’ICESCO
Sur le plan international, trois sites patrimoniaux et deux éléments du patrimoine immatériel ont été inscrits sur les listes du patrimoine du monde islamique de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO).
Ces nouvelles inscriptions portent à 62 le nombre total de sites et d’éléments marocains figurant sur les listes de l’organisation.
Cet ensemble comprend 14 éléments relevant du patrimoine matériel et 48 du patrimoine immatériel.
Ces reconnaissances mettent en valeur la diversité du patrimoine marocain, qu’il s’agisse des monuments historiques, des traditions, des savoir-faire ou des pratiques culturelles transmises de génération en génération.
« Label Maroc » : un dispositif pour valoriser le patrimoine national
Le bilan présenté fait également état de la mise en place du dispositif « Label Maroc », destiné à renforcer la protection et la valorisation du patrimoine culturel marocain.
Six marques marocaines ont déjà fait l’objet de démarches de dépôt et d’enregistrement, tandis que 35 autres sont en cours de préparation.
Ce dispositif vise à mieux identifier et promouvoir les éléments patrimoniaux nationaux, dans un contexte marqué par l’importance croissante de la reconnaissance des savoir-faire et des expressions culturelles.
Plus de 316 millions de dirhams pour la réhabilitation patrimoniale
La préservation du patrimoine ne se limite pas aux opérations d’inventaire et de classement. Elle concerne également la restauration et la réhabilitation des espaces historiques.
Les données présentées indiquent qu’une enveloppe de 209 millions de dirhams a été consacrée à la réhabilitation des tissus urbains anciens.
À cela s’ajoutent 107,8 millions de dirhams destinés à des projets de réhabilitation du patrimoine matériel.
Ces deux volets représentent un montant cumulé de 316,8 millions de dirhams.
Les opérations de réhabilitation des médinas et des quartiers historiques revêtent une importance particulière dans des villes où le patrimoine architectural constitue à la fois un marqueur identitaire, un cadre de vie pour les habitants et un facteur d’attractivité culturelle et touristique.
Elles soulèvent toutefois des défis importants, notamment la préservation de l’authenticité architecturale, l’entretien durable des bâtiments restaurés et la prise en compte des besoins des populations résidentes.
Entre protection juridique et valorisation durable
Le bilan patrimonial présenté dans le cadre du projet de budget 2027 témoigne d’un effort de structuration des politiques de sauvegarde culturelle.
L’augmentation du nombre de monuments classés, l’élargissement des inventaires et la reconnaissance internationale de nouveaux éléments du patrimoine constituent des avancées dans la connaissance et la protection des richesses culturelles nationales.
Mais la portée de ces programmes dépendra également de leur traduction sur le terrain : état de conservation des monuments, suivi des restaurations, moyens consacrés à l’entretien et participation des communautés concernées.
Au-delà des chiffres, l’enjeu demeure de faire du patrimoine marocain non seulement un héritage à préserver, mais aussi une ressource culturelle et sociale vivante, capable de contribuer au développement des territoires tout en conservant son authenticité.