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Mohammed VI : un monde en mutation et un droit international mis à l’épreuve

25 août 2025 - 11:59

Dans un message adressé à la 82ᵉ session de l’Institut de droit international, ouverte dimanche à l’Académie du Royaume à Rabat, le roi Mohammed VI a souligné la rapidité des transformations mondiales et l’érosion des certitudes, qui brouillent repères et alliances et mettent à l’épreuve la capacité du droit international à réguler les relations entre États.

« Le monde change à une vitesse fulgurante, les certitudes reculent, les normes et les concepts se brouillent et les alliances deviennent sujettes à interrogation », a affirmé le souverain. Selon lui, ces bouleversements placent le droit international face à de multiples violations et fragilisent son rôle d’architecte des relations internationales. D’où l’importance, a-t-il ajouté, de l’action d’institutions académiques capables de nourrir la réflexion et de renforcer la crédibilité de la norme juridique.

Le roi a insisté sur les tensions croissantes entre souveraineté nationale et coopération internationale, entre contraintes sécuritaires et exigences de solidarité. Ces contradictions ne se limitent pas à ébranler l’ordre existant, elles en révèlent les failles et accélèrent ses mutations. D’où son appel aux juristes réunis à Rabat à étudier et comprendre ces transformations, non pour se contenter d’expliquer le passé récent, mais pour esquisser les contours d’un droit international apte à relever les défis de l’avenir.

Dans cette perspective, Mohammed VI a exprimé l’espoir que le Maroc soit perçu comme une source d’inspiration et que la capitale, fidèle à sa vocation de carrefour intellectuel, serve de forum de dialogue. Le souverain a appelé de ses vœux un droit international libéré des illusions utopiques et capable de redevenir « une lumière guidant les nations chaque fois que l’horizon s’assombrit ».

Le message royal a également réaffirmé que nul ordre mondial ne saurait se maintenir sans règles. C’est sur cette conviction que s’appuie la diplomatie marocaine, guidée par le respect du droit international et des principes de la Charte des Nations unies. Le roi a rappelé que la mondialisation des crises, qu’il s’agisse de pandémies ou de conflits, démontre la nécessité de solutions collectives fondées sur des institutions solides et des valeurs partagées.

En saluant l’Institut de droit international, le souverain a tenu à rappeler son rôle historique dans la défense de la paix par des moyens pacifiques, en cohérence avec l’esprit onusien. Depuis sa création en 1873, l’institution n’a cessé d’anticiper les évolutions du droit, de poser des normes et de servir de conscience juridique mondiale, mission consacrée par l’obtention du prix Nobel de la paix en 1904.

Enfin, le roi a souligné que la tenue de cette session à Rabat, sous la présidence d’un juriste marocain reconnu pour son engagement en faveur du droit international, illustre l’ouverture et la crédibilité acquises par le Maroc sur la scène académique et diplomatique. Dans un contexte de bouleversements profonds, où le droit international subit des vents contraires, il a exhorté les participants à transformer cette rencontre en un moment fondateur pour redonner vigueur et légitimité à l’ordre juridique international.

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