La question écrite adressée par la conseillère parlementaire Fatima Saâdi au ministre de l’Équipement et de l’Eau remet au centre du débat un problème aussi concret que récurrent : la dégradation préoccupante de la route côtière n°16 reliant Tétouan à Al Hoceïma, régulièrement affectée par des glissements de terrain, notamment en période hivernale.
Au-delà de l’énumération des incidents techniques, cette interpellation parlementaire met en évidence une réalité structurelle, celle de l’inadéquation de réponses ponctuelles face à un axe routier stratégique qui conditionne la mobilité quotidienne des populations, la sécurité des usagers et la continuité économique d’un littoral à fort potentiel. Les effondrements successifs, parfois qualifiés de « mineurs » dans les communications officielles, produisent pourtant des effets majeurs, avec des perturbations durables de la circulation, une exposition accrue des citoyens au risque et un sentiment d’abandon dans des territoires déjà confrontés à des fragilités structurelles.
L’intérêt de la démarche de Fatima Saâdi réside dans le changement d’échelle qu’elle propose. La conseillère ne se limite pas à demander des mesures d’urgence ; elle appelle à une réflexion globale sur la reconstruction de cet axe selon une vision intégrée, tenant compte de sa fonction régionale et nationale. La route n°16 dépasse le statut d’un simple axe routier et s’impose comme un maillon stratégique reliant ports, zones industrielles et touristiques, ainsi que des villes appelées à jouer un rôle croissant dans le développement du nord du pays.
Cette question parlementaire met ainsi en lumière une tension récurrente de l’action publique, entre la gestion urgente des situations à risque et la nécessité d’une vision structurante inscrite dans le temps long. En posant explicitement la question d’une refonte structurelle de la route, la parlementaire invite l’exécutif à dépasser les solutions provisoires dont les limites sont désormais avérées.
Reste à savoir si cette interpellation débouchera sur une réponse politique à la hauteur des enjeux. Car, dans ce dossier, il ne s’agit pas uniquement d’infrastructures, mais bien de sécurité, d’équité territoriale et de crédibilité de l’action publique face aux attentes des citoyens.