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La facture énergétique du Maroc recule de plus de 5 % à fin novembre

01 janvier 2026 - 10:35

La dynamique des échanges extérieurs révèle un infléchissement significatif de la facture énergétique, dans un contexte international marqué par des ajustements de prix et une demande toujours soutenue. À fin novembre 2025, le Maroc a dépensé moins pour son énergie importée, sans pour autant réduire ses volumes.

Selon les données publiées par l’Office des Changes, la facture énergétique s’est établie à 98,69 milliards de dirhams à la fin du mois de novembre, enregistrant une baisse de 5,3 % par rapport à la même période de 2024. Ce repli intervient après plusieurs exercices de forte tension sur les marchés internationaux de l’énergie, où les prix avaient lourdement pesé sur les équilibres extérieurs.

L’explication principale réside dans l’évolution des importations de gasoil et de fuel, dont la valeur a reculé de 9,6 %. Ce mouvement s’explique par une diminution des prix de 15 %, qui a plus que compensé la hausse des quantités importées de 6,3 %. Autrement dit, le pays a importé davantage d’énergie, mais à un coût unitaire sensiblement inférieur, traduisant l’impact direct du repli des cours internationaux.

Les autres produits énergétiques suivent une trajectoire comparable. Les importations de gaz de pétrole et autres hydrocarbures ont enregistré une baisse de 7,1 %, pour s’établir à 17,98 milliards de dirhams. Cette évolution confirme que l’allègement de la facture énergétique reste largement lié aux conditions de prix, davantage qu’à une contraction structurelle de la demande.

Dans le même temps, le bulletin de l’Office des Changes souligne une tendance opposée sur l’ensemble des échanges commerciaux. Les importations de biens ont progressé de 9,2 %, dépassant 725,34 milliards de dirhams à fin novembre. Cette hausse reflète la vigueur de la demande intérieure et les besoins croissants de l’économie en équipements, produits intermédiaires et matières premières.

La lecture combinée de ces indicateurs invite à une analyse nuancée. La baisse de la facture énergétique constitue un soulagement conjoncturel pour les comptes extérieurs, dans un contexte où l’énergie demeure l’un des principaux postes de dépenses en devises. Elle ne traduit toutefois ni une réduction de la dépendance énergétique ni un infléchissement durable de la consommation.

À moyen terme, ces chiffres rappellent l’enjeu stratégique de la transition énergétique. La sensibilité de la facture nationale aux fluctuations des prix internationaux demeure forte. Tant que la structure des importations énergétiques restera dominée par les hydrocarbures, les gains observés resteront largement tributaires de facteurs exogènes.

La fin de l’année 2025 offre ainsi un signal encourageant, sans lever les interrogations de fond. Entre soulagement budgétaire temporaire et impératif de transformation structurelle, la facture énergétique continue de refléter les fragilités et les choix à venir de l’économie marocaine.

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