Alors que Delcy Rodríguez s’impose comme l’axe central de la transition politique au Venezuela, son nom demeure inscrit sur la liste des personnalités sanctionnées par l’Union européenne, un statut qui complique toute normalisation rapide des relations avec Bruxelles.
La dirigeante vénézuélienne figure depuis juin 2018 parmi les 69 responsables visés par les sanctions européennes pour « atteintes à la démocratie et à l’État de droit, violations des droits humains et répression de la société civile et de l’opposition ». Ce régime restrictif, instauré par l’UE en novembre 2017, a été prolongé jusqu’au 10 janvier 2027 par les ministres européens des Affaires étrangères.
Concrètement, ces mesures impliquent gel des avoirs, interdiction de mise à disposition de fonds et bannissement du territoire de l’Union. Delcy Rodríguez partage cette liste avec plusieurs figures majeures de l’appareil chaviste, dont Diosdado Cabello, l’ancien président du Tribunal suprême Maikel Moreno ou encore le procureur général Tarek William Saab.
En 2021, la Cour de justice de l’Union européenne a rejeté le recours de Rodríguez contre ces sanctions, estimant que les éléments avancés par le Conseil de l’UE étaient juridiquement fondés. Cette décision a confirmé la ligne européenne consistant à maintenir une pression ciblée tout en affirmant vouloir favoriser une solution négociée et démocratique à la crise vénézuélienne.
Cette position contraste avec l’attitude de Washington, qui a confié à Rodríguez un rôle clé dans la phase de transition. Pour Bruxelles, le dilemme reste entier : soutenir une sortie de crise tout en maintenant un cadre normatif qui limite toute reconnaissance politique pleine et entière.