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Venezuela : Delcy Rodríguez affirme gouverner seule, Trump annonce le contrôle du pétrole

07 janvier 2026 - 13:55

La présidente par intérim Delcy Rodríguez affirme gouverner sans influence extérieure après la capture de Nicolás Maduro. Quelques heures plus tard, Donald Trump annonce que les recettes du pétrole vénézuélien seront placées sous son contrôle. Cette dissonance éclaire la nouvelle configuration du pouvoir entre légitimité interne, dépendance énergétique et rapports de force internationaux.

À Caracas, Delcy Rodríguez cherche à installer l’image d’un pouvoir stabilisé et autonome. Devant les caméras de la télévision publique, la nouvelle cheffe de l’exécutif par intérim a martelé que les décisions politiques se prennent désormais au Venezuela et qu’aucune puissance étrangère ne dicte la conduite du gouvernement.

Cette affirmation a toutefois été immédiatement fragilisée par une déclaration venue de Washington. Donald Trump a annoncé que le Venezuela livrerait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis et que les revenus issus de cette vente seraient administrés sous son autorité. Une annonce qui introduit une forme de tutelle économique implicite, en contradiction avec le discours de souveraineté affiché à Caracas.

L’investiture de Rodríguez s’est appuyée sur le soutien explicite des forces armées et des principales institutions publiques, un facteur décisif pour assurer la continuité de l’État après l’opération militaire américaine qui a conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro. Le président américain a laissé entendre que le maintien de Rodríguez à la tête du pouvoir relevait d’un choix stratégique, écartant pour l’instant un transfert immédiat vers l’opposition. Le message est clair : la stabilité politique vénézuélienne reste étroitement conditionnée par les priorités de Washington.

Sur le plan judiciaire, Maduro et son entourage font face à des poursuites aux États-Unis. Le Département de la Justice a récemment ajusté certaines qualifications pénales, tandis que les Nations unies ont exprimé leurs réserves quant au respect des principes fondamentaux du droit international. Plusieurs capitales latino-américaines appellent à une procédure équitable, soulignant le caractère sensible de cette séquence.

À l’intérieur du pays, Rodríguez doit désormais recomposer un chavisme privé de sa figure centrale. Certains observateurs estiment qu’une ouverture progressive du secteur énergétique aux entreprises étrangères pourrait servir de levier de négociation. En parallèle, une transition politique encadrée, incluant des gestes d’apaisement et une préparation électorale, reste évoquée dans un calendrier limité à six mois.

La rue demeure mobilisée, avec des manifestations de soutien à Maduro et des signaux persistants de tension autour des libertés publiques, notamment après l’interpellation temporaire de journalistes lors des premiers jours de la transition.

Au fond, la crise vénézuélienne révèle une dynamique classique des relations internationales contemporaines : la souveraineté politique se trouve de plus en plus conditionnée par les équilibres énergétiques et financiers. Le pétrole redevient un instrument central de structuration du pouvoir, confirmant que la capacité réelle de décision des États dépend moins des déclarations politiques que des rapports de force économiques.

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