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La liquidité bancaire se redresse : Bank Al-Maghrib ajuste progressivement son soutien

09 janvier 2026 - 18:41

Le déficit de liquidité du système bancaire marocain a reculé à 137,7 milliards de dirhams début janvier 2026, selon BMCE Capital Global Research. Cette amélioration relative intervient dans un contexte de stabilisation des taux monétaires et d’ajustement progressif des interventions de Bank Al-Maghrib, signalant une normalisation prudente des conditions de financement.

Le marché monétaire marocain entame l’année sur un signal modérément positif. D’après la dernière note Fixed Income Weekly publiée par BMCE Capital Global Research, le déficit moyen de liquidité bancaire a enregistré une baisse de 6,89 %, pour s’établir à 137,7 milliards de dirhams sur la période allant du 31 décembre 2025 au 7 janvier 2026. Ce mouvement reflète une détente progressive des tensions de trésorerie, après plusieurs mois marqués par un recours soutenu aux refinancements de la banque centrale.

Dans le même temps, les avances de Bank Al-Maghrib à sept jours ont progressé de 1,6 milliard de dirhams, atteignant 70,9 milliards. Cette évolution traduit un pilotage fin de la liquidité, visant à maintenir un équilibre entre soutien au système bancaire et maîtrise des conditions monétaires. Les placements du Trésor ont, pour leur part, enregistré un repli quotidien maximal de 4 milliards de dirhams, contre 25,5 milliards lors de la semaine précédente, ce qui a contribué à alléger la pression sur les ressources bancaires.

Les indicateurs de taux confirment cette phase de stabilisation. Le taux moyen pondéré s’est maintenu à 2,25 %, tandis que l’indice MONIA — référence quotidienne du marché monétaire marocain basée sur les opérations de pension livrée — s’est légèrement replié à 2,242 %. Ces niveaux traduisent une relative fluidité des échanges interbancaires, sans signal de tension excessive à court terme.

À horizon proche, Bank Al-Maghrib devrait réduire graduellement le rythme de ses interventions sur le marché monétaire. Le volume des avances à sept jours serait ramené à environ 53,7 milliards de dirhams, contre 70,9 milliards actuellement. Ce réajustement suggère une confiance mesurée dans la capacité du marché à absorber une partie de ses besoins de liquidité de manière autonome.

Au-delà des chiffres hebdomadaires, cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large de normalisation monétaire, dans un environnement où la stabilité financière demeure un objectif prioritaire. La trajectoire de la liquidité bancaire reste néanmoins étroitement dépendante de plusieurs variables : comportement des dépôts, flux budgétaires, rythme de l’investissement et conditions internationales de financement. Pour les acteurs économiques, cette détente progressive constitue un signal de prévisibilité, favorable à la planification du crédit et à la lisibilité des coûts de financement au cours des prochains mois.

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