Washington – Après près de quatre décennies de service, l’un des avions présidentiels américains les plus emblématiques a effectué son dernier vol officiel. Mais cette page d’histoire aéronautique est éclipsée par la controverse entourant son futur remplaçant : un Boeing 747 offert par le Qatar au président Donald Trump.
L’appareil retiré appartenait à la flotte des deux Boeing 747 spécialement aménagés qui ont transporté tous les présidents américains depuis George H. W. Bush. Véritable symbole de la puissance américaine, il a accompagné plusieurs générations de dirigeants lors de sommets internationaux, de crises diplomatiques et de déplacements officiels à travers le monde.
« Bon travail, fidèle serviteur », a déclaré Steven Cheung, directeur de la communication de la Maison Blanche, en saluant le dernier voyage de l’appareil après le sommet du G7.
Son retrait intervient alors que Washington prépare l’entrée en service d’un Boeing 747 offert par le Qatar, un cadeau estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.
Si le Pentagone a officiellement accepté l’avion et que les essais techniques sont en cours, cette décision continue de susciter de nombreuses interrogations aux États-Unis. Plusieurs responsables politiques et experts en sécurité s’interrogent sur les implications éthiques, constitutionnelles et stratégiques d’un tel don provenant d’un État étranger.
Les avions utilisés comme Air Force One disposent de systèmes de protection extrêmement sophistiqués, capables notamment de brouiller les radars ennemis et de se défendre contre diverses menaces aériennes. L’intégration de ces équipements nécessite des transformations lourdes avant toute utilisation présidentielle.
Donald Trump a toujours défendu cette acquisition, estimant qu’il serait absurde de refuser un appareil d’une telle valeur alors que le programme de remplacement confié à Boeing accumule retards et surcoûts.
Selon plusieurs médias américains, le président pourrait effectuer le premier vol officiel du nouvel appareil lors d’un déplacement prévu le mois prochain au mont Rushmore, dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis.
Au-delà de la polémique, le retrait de l’ancien appareil marque la fin d’un chapitre important de l’histoire présidentielle américaine et l’ouverture d’une nouvelle période dont les contours restent encore fortement débattus.