Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) poursuivent leur progression en 2026. Selon les dernières données de l’Office des changes, ils ont dépassé les 50 milliards de dirhams à fin mai, confirmant le rôle stratégique de la diaspora dans le soutien à l’économie marocaine. Cette dynamique s’accompagne également d’excellentes performances du tourisme et des investissements directs étrangers.
Les Marocains résidant à l’étranger continuent d’affirmer leur place parmi les principaux piliers de l’économie nationale. D’après les chiffres publiés par l’Office des changes, leurs transferts ont atteint 50,22 milliards de dirhams à fin mai 2026, contre 46,16 milliards durant la même période de 2025, soit une progression annuelle de 8,8 %.
Cette hausse confirme une tendance observée depuis le début de l’année et témoigne de la résilience de la diaspora marocaine malgré un contexte économique international marqué par les incertitudes, le ralentissement de la croissance dans plusieurs pays européens et les tensions sur le pouvoir d’achat.
Au-delà de leur importance sociale pour des centaines de milliers de familles marocaines, ces transferts constituent une source essentielle de devises. Ils contribuent directement au financement de la consommation intérieure, au soutien des investissements privés et au renforcement des réserves de change du Royaume. Les économistes les considèrent comme l’un des principaux amortisseurs de l’économie marocaine face aux chocs extérieurs.
Les indicateurs publiés par l’Office des changes montrent d’ailleurs que cette bonne performance s’inscrit dans une dynamique plus large. La balance des voyages affiche un excédent proche de 40 milliards de dirhams, en progression de 19,4 %, grâce à des recettes touristiques qui atteignent 53,76 milliards de dirhams, tandis que les dépenses des Marocains à l’étranger restent relativement maîtrisées.
Les investissements directs étrangers enregistrent eux aussi une évolution favorable. Le flux net des IDE atteint 23,32 milliards de dirhams sur les cinq premiers mois de l’année, soit une hausse de 41,8 % par rapport à la même période de 2025, illustrant l’attractivité maintenue du Maroc auprès des investisseurs internationaux.
Ces résultats positifs contrastent toutefois avec un déficit commercial qui continue de se creuser. Les importations progressent plus rapidement que les exportations, notamment sous l’effet de la hausse des achats de biens d’équipement, de produits énergétiques et de matières premières. Malgré les performances remarquables des secteurs automobile, aéronautique et touristique, le déficit commercial dépasse désormais 159 milliards de dirhams.
Dans ce contexte, les transferts des MRE apparaissent plus que jamais comme un facteur de stabilité macroéconomique. Leur progression régulière confirme non seulement l’attachement de la diaspora à son pays d’origine, mais également son rôle stratégique dans le financement de l’économie nationale. Alors que les échanges commerciaux demeurent soumis aux aléas de la conjoncture mondiale, les Marocains du monde continuent d’apporter une contribution décisive à la solidité financière du Royaume.