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Sebta occupé: Vivas donne 30 jours au gouvernement espagnol avant d’envisager un recours à la justice

18 août 2026 - 08:43

Le président de la ville occupée accuse le gouvernement de Pedro Sánchez de «passivité presque absolue» après les arrivées massives enregistrées fin juillet. S’il évoque le Tribunal suprême et la Cour constitutionnelle, aucune procédure judiciaire précise n’a encore été annoncée.

Le président de la ville occupée de Sebta, Juan Jesús Vivas, a durci le ton à l’égard du gouvernement espagnol, auquel il accorde un délai de 30 jours pour rétablir ce qu’il qualifie de «situation normale» après les arrivées massives enregistrées depuis le Maroc à la fin du mois de juillet.

À l’issue d’une réunion extraordinaire du gouvernement local, tenue lundi 17 août, le responsable du Parti populaire a averti qu’il se tournerait vers la justice si aucun changement substantiel n’intervenait au cours de cette période.

«Mon intention est de faire connaître la situation à la présidente du Tribunal suprême et au président de la Cour constitutionnelle, s’ils acceptent de me recevoir», a déclaré Vivas, en présentant le pouvoir judiciaire comme la «pierre angulaire de l’État de droit».

Une menace judiciaire encore imprécise

Les déclarations de Vivas ne constituent pas, à ce stade, l’annonce formelle d’une plainte contre le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, ou contre son exécutif.

Le responsable de Sebta occupée n’a précisé ni la nature de l’éventuelle procédure, ni la juridiction qui pourrait être saisie, ni son fondement juridique. Son intervention relève donc autant de la pression politique que de l’annonce d’une possible démarche judiciaire.

Vivas accuse Madrid de «passivité presque absolue» et lui reproche d’avoir voulu présenter comme normalisée une crise qui, selon lui, continue d’affecter les capacités d’accueil, les services publics, la sécurité et la coexistence au sein de la ville.

Des explications réclamées au gouvernement espagnol

Le responsable local exige que Madrid établisse avec précision le nombre de personnes qui se trouvent encore à Sebta occupée, celui des procédures de retour déjà engagées et les mesures prévues pour empêcher qu’un épisode comparable ne se reproduise.

Il propose notamment de mobiliser une cinquantaine d’agents spécialisés dans les dossiers d’immigration afin de traiter, selon ses estimations, jusqu’à 15.000 procédures en un mois.

Vivas réclame également un programme de soutien économique et social en faveur de la ville, ainsi qu’un renforcement de la coopération avec le Maroc en matière de contrôle frontalier et de réadmission.

Il convient toutefois de distinguer les faits établis des accusations formulées dans le cadre de la confrontation politique espagnole. Les déclarations de Vivas sur l’attitude de Rabat expriment sa propre lecture des événements et ne sont accompagnées d’aucun élément nouveau établissant une responsabilité marocaine dans les arrivées massives de la fin juillet.

Désaccord autour des structures d’accueil

La confrontation entre Madrid et les autorités de la ville occupée concerne également les lieux destinés à l’hébergement temporaire des migrants.

Le gouvernement local affirme être disposé à collaborer à l’ouverture de nouvelles structures, mais refuse que l’ancienne Fábrica de Harinas, un bâtiment appartenant au ministère espagnol de la Défense et situé dans une zone urbaine, soit utilisée à cette fin. Il invoque notamment son emplacement et l’opposition exprimée par une partie des riverains.

Vivas a par ailleurs répondu à la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, qui avait appelé les autorités locales à faciliter rapidement l’accueil des personnes restées sans hébergement. Il a défendu la solidarité des habitants tout en estimant que la gestion de la crise ne pouvait reposer exclusivement sur une ville au territoire et aux ressources limités.

Une nouvelle épreuve de force politique

L’ultimatum ouvre un nouveau front entre le gouvernement de Pedro Sánchez et l’exécutif local dirigé par le Parti populaire.

Derrière la question migratoire se dessine également une lutte de responsabilités entre Madrid et les autorités de Sebta occupée. Vivas cherche à transférer au gouvernement central le coût politique, administratif et social de la crise, tandis que l’exécutif espagnol affirme avoir renforcé les capacités d’accueil et les moyens mobilisés sur place.

L’échéance des 30 jours permettra de déterminer si l’avertissement de Vivas débouche sur une véritable initiative judiciaire ou s’il demeure avant tout un instrument de pression politique sur Madrid.

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