>

Zambie: Hakainde Hichilema réélu pour un second mandat avec environ 60 % des voix

18 août 2026 - 09:07

Le président sortant devance largement son principal adversaire, Brian Mundubile. Si le vote s’est déroulé dans un climat globalement pacifique, la mission d’observation de l’Union européenne relève une réduction des libertés fondamentales et des conditions de compétition inégales.

Le président zambien Hakainde Hichilema a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 13 août. Il obtient ainsi un second mandat consécutif de cinq ans à la tête de ce pays d’Afrique australe.

Le chef de l’État sortant a recueilli 2.965.326 voix, contre 1.856.217 pour son principal adversaire, l’ancien ministre Brian Mundubile, selon les résultats proclamés dans la nuit de lundi à mardi par la Commission électorale de Zambie (ECZ).

«Je déclare par conséquent Hakainde Hichilema président élu de la République de Zambie», a annoncé la présidente de l’ECZ, Mwangala Zaloumis, sous les acclamations de ses partisans.

Les agences de presse divergent légèrement sur le pourcentage exact obtenu par le président: EFE fait état de 60,5 %, tandis que l’Associated Press avance 61,4 %. Cet écart semble lié au dénominateur retenu —ensemble des bulletins déposés ou seuls suffrages valides— mais ne modifie pas l’ampleur de la victoire.

Dans un bref message publié sur les réseaux sociaux, accompagné d’une photographie de l’un de ses rassemblements électoraux, Hichilema s’est contenté d’écrire: «Merci, Zambie.»

Une participation de 57,2 %

Environ 5,03 millions de suffrages ont été déposés dans les 226 circonscriptions du pays, pour un taux de participation annoncé de 57,2 %. Près de 8,7 millions d’électeurs étaient inscrits.

Les douze autres candidats n’ont obtenu chacun que moins de 20.000 voix, confirmant la forte polarisation du scrutin entre Hichilema et Mundubile.

Les Zambiens étaient également appelés à renouveler les membres de l’Assemblée nationale, parlement monocaméral, ainsi que leurs représentants municipaux.

Un scrutin marqué par des incidents

Le dépouillement a été temporairement interrompu vendredi après des violences visant des agents électoraux dans plusieurs districts et des accusations de vol de matériel de vote.

Onze personnes, parmi lesquelles figuraient des membres de l’opposition, ont par ailleurs été arrêtées dans une affaire présentée par le gouvernement comme une «menace pour la sécurité de l’État». L’opposition a dénoncé une opération politique, tandis que les autorités affirment que des tirs ont visé les forces de l’ordre et que des armes de type militaire ont été saisies.

Brian Mundubile, qui s’était déclaré vainqueur dès vendredi avant la fin du dépouillement, n’avait pas encore reconnu les résultats au moment de leur proclamation. Son camp a évoqué de possibles irrégularités et pourrait engager un recours.

Les observateurs européens pointent un terrain inégal

La mission d’observation électorale de l’Union européenne a estimé que les élections s’étaient déroulées dans un contexte caractérisé par une restriction des «libertés fondamentales» et par des conditions de compétition inégales.

Cette appréciation ne signifie pas que les observateurs européens contestent directement le résultat. Le mandat de la mission consiste à évaluer l’ensemble du processus électoral, sans valider ni invalider les résultats proclamés par la commission nationale.

La mission de l’Union africaine a livré une appréciation plus favorable de la journée électorale, estimant que le vote s’était déroulé dans une atmosphère «généralement pacifique et ordonnée», malgré des retards dans l’acheminement du matériel et l’arrivée de certains agents.

La victoire de Hichilema est donc nette sur le plan arithmétique, mais son second mandat s’ouvre sous le regard d’observateurs préoccupés par l’évolution des libertés publiques et le traitement réservé à l’opposition.

Le cuivre au cœur du second mandat

Hichilema avait remporté l’élection de 2021 en promettant de redresser une économie fragilisée par la crise de la dette. Son gouvernement a depuis mené une restructuration de l’endettement et cherché à attirer davantage d’investissements.

Ces améliorations macroéconomiques n’ont cependant pas supprimé les difficultés quotidiennes. Le coût de la vie, la pauvreté et le chômage ont occupé une place centrale dans la campagne et permis à l’opposition d’élargir son audience.

La Zambie possède d’importantes réserves de cuivre et d’autres minerais nécessaires à la transition énergétique. Cette richesse en fait un terrain privilégié de la compétition économique entre la Chine, les États-Unis et l’Union européenne.

Le principal défi du président réélu sera désormais de transformer les investissements miniers et la stabilisation financière en amélioration perceptible du niveau de vie, tout en répondant aux critiques sur le recul démocratique.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *