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Maroc: les avocats maintiennent leur grève générale et réclament l’abandon de la loi sur la profession

29 août 2026 - 09:05

L’Association des barreaux du Maroc annonce la poursuite de la cessation totale des services professionnels. Elle conteste plusieurs dispositions de la nouvelle loi, qu’elle juge attentatoires à l’indépendance de la défense, et promet de recourir à tous les moyens institutionnels et juridiques légitimes pour en obtenir le retrait.

L’Association des barreaux du Maroc a officiellement décidé de maintenir la grève générale des avocats et la suspension de l’ensemble des prestations professionnelles. Cette décision figure dans un communiqué publié vendredi, au lendemain de la réunion extraordinaire tenue par son conseil à Rabat.

L’organisation professionnelle affirme poursuivre sa mobilisation jusqu’à l’abandon de la loi régissant la profession d’avocat. Elle prévoit également de diversifier et de renforcer ses formes de protestation au cours des prochaines semaines.

Dans son communiqué, l’Association insiste sur le fait que cette mobilisation ne constitue «ni une revendication catégorielle ni une défense de privilèges professionnels». Elle affirme agir pour préserver l’indépendance de la profession, l’immunité de la défense et les garanties nécessaires à un procès équitable.

Un désaccord sur le contenu et la méthode

Les barreaux reprochent au processus législatif d’avoir écarté plusieurs dispositions qui auraient fait l’objet d’un accord au cours du dialogue institutionnel engagé avec les représentants de la profession.

Selon l’Association, la procédure a finalement conduit à l’adoption d’un texte rejeté par les institutions représentatives des avocats. Elle conteste notamment les dispositions qui élargiraient les possibilités d’intervention du ministère de la Justice et du parquet dans des questions relevant de l’exercice professionnel.

Les avocats estiment que ces prérogatives risquent d’affaiblir leur autonomie et la capacité de la profession à organiser elle-même son fonctionnement.

La saisine de la Cour constitutionnelle en question

L’organisation demande également l’ouverture d’un débat institutionnel sur les conditions dans lesquelles la loi a été déférée à la Cour constitutionnelle.

Celle-ci n’a pas pu se prononcer sur le fond, la saisine n’ayant pas satisfait aux exigences formelles requises. Pour l’Association, cet épisode soulève des interrogations qui dépassent le contenu de la loi et concernent la régularité des procédures ainsi que l’efficacité du contrôle de constitutionnalité.

Elle appelle donc à clarifier les circonstances de cette saisine et à déterminer les éventuelles responsabilités institutionnelles et politiques.

Prochaine réunion le 10 septembre

Le bureau de l’Association se réunira de nouveau le 10 septembre 2026 afin d’arrêter le programme de la prochaine phase de mobilisation. Une conférence de presse sera organisée le même jour pour présenter la position des barreaux, retracer le parcours du texte et expliquer au public les motifs de leur opposition.

La durée de la grève et ses modalités concrètes restent ainsi liées aux décisions qui seront adoptées lors de cette réunion. L’Association réaffirme, pour sa part, son attachement à une «profession libre et indépendante» et à la défense de la dignité des avocats ainsi que des garanties attachées à leur mission.

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