Omar Hilale a appelé le Mouvement des non-alignés à moderniser ses méthodes et à renforcer sa capacité de proposition face aux transformations géopolitiques, climatiques et technologiques. Le diplomate a également présenté les initiatives marocaines en Afrique et réaffirmé les positions du Royaume sur la Palestine.
Soixante-cinq ans après sa création, le Mouvement des non-alignés (MNA) doit revoir ses instruments d’action s’il veut conserver une influence réelle dans un ordre international profondément transformé. C’est le message défendu, mardi à Belgrade, par Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies.
Lors de la réunion commémorative marquant l’anniversaire du Mouvement, l’ambassadeur a estimé que les méthodes héritées de la guerre froide ne suffisaient plus pour répondre aux crises du XXIe siècle. À ses yeux, le MNA doit sortir des réflexes de sa période fondatrice et se doter de mécanismes de concertation plus efficaces.
Cette évolution devrait lui permettre de dépasser les déclarations de principe pour élaborer des réponses concrètes aux bouleversements actuels. Omar Hilale a notamment cité le changement climatique, l’intelligence artificielle, les technologies émergentes, la cybersécurité et les nouvelles formes de criminalité transnationale.
Le diplomate marocain ne préconise pas la création d’un ordre parallèle aux institutions multilatérales existantes. Il défend plutôt un Mouvement capable de mieux coordonner les priorités des pays du Sud et de les porter avec davantage de poids au sein des Nations unies.
La coopération africaine au cœur du plaidoyer marocain
Dans ce contexte, Omar Hilale a mis en avant la politique africaine du Royaume, fondée sur la coopération Sud-Sud et sur des partenariats dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé, la formation et le développement humain.
Il a notamment évoqué l’initiative lancée par le roi Mohammed VI pour faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, le processus des États africains atlantiques ainsi que le projet de gazoduc Afrique-Atlantique.
Ces projets traduisent, selon lui, la volonté du Maroc de favoriser le désenclavement économique du Sahel, de renforcer les connexions régionales et de faire de la façade atlantique africaine un espace de coopération et d’intégration.
L’intervention marocaine dessine ainsi une conception renouvelée du non-alignement. Celui-ci ne se limiterait plus à une position d’équilibre entre les grandes puissances, mais chercherait à accroître la capacité d’action des pays du Sud autour d’intérêts partagés.
Palestine : Hilale réaffirme les engagements du Royaume
Omar Hilale a également rappelé la place de la question palestinienne dans la diplomatie marocaine. Il a souligné l’engagement du roi Mohammed VI, en sa qualité de président du Comité Al-Qods, en faveur de la préservation du statut juridique, historique et culturel d’Al-Qods Acharif.
Il a réitéré le soutien du Maroc au droit du peuple palestinien à établir un État indépendant, avec Al-Qods-Est pour capitale.
Le représentant du Royaume auprès de l’ONU a par ailleurs indiqué que la participation marocaine à la Force internationale de stabilisation à Gaza comprendrait la mobilisation de personnels militaires et sécuritaires ainsi que le déploiement d’un hôpital militaire de campagne destiné à venir en aide à la population.
À travers cette intervention, Rabat plaide finalement pour un Mouvement des non-alignés moins attaché aux postures historiques et davantage orienté vers la recherche de solutions. La crédibilité du MNA dépendrait désormais de sa faculté à traduire les attentes du Sud global en propositions applicables au sein du système multilatéral.