Le Conseil de coopération du Golfe a condamné les attaques menées contre des installations civiles, économiques et énergétiques dans le sud de l’Arabie saoudite. Au moins 73 civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés. Des incendies et des interruptions temporaires d’activité ont également été signalés sur plusieurs sites énergétiques, faisant craindre une nouvelle escalade régionale.
Les monarchies du Golfe ont exprimé leur solidarité avec l’Arabie saoudite après une nouvelle série d’attaques attribuées aux Houthis du Yémen contre plusieurs villes et infrastructures du sud du Royaume.
Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a vivement condamné ces opérations, estimant que le ciblage de civils, de biens et d’infrastructures économiques constitue une menace directe pour la sécurité et la stabilité régionales.
Selon les autorités saoudiennes, 73 civils ont été blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants. Les attaques ont visé des sites situés à Abha, Khamis Mushait, Jizan et Najran, dans le sud du pays.
Mais c’est surtout l’atteinte portée au secteur énergétique qui donne à cette nouvelle escalade une dimension stratégique. Plusieurs installations ont été touchées, provoquant des incendies et l’arrêt temporaire de certaines opérations. Des équipes spécialisées ont été mobilisées pour maîtriser les feux, sécuriser les sites et évaluer l’étendue des dégâts.
Le conflit yéménite déborde de nouveau
Ces attaques interviennent alors que la situation militaire se dégrade au Yémen. Après plusieurs années d’accalmie relative, les affrontements se sont intensifiés entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites soutenues par Riyad.
Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont multiplié ces dernières semaines leurs opérations contre des objectifs saoudiens, tandis que les combats reprennent sur plusieurs fronts à l’intérieur du Yémen.
Le mouvement yéménite accuse parallèlement la coalition conduite par Riyad d’avoir frappé une prison dans la province d’Al Jawf, faisant au moins sept morts. Cette accusation n’avait pas été commentée par l’Arabie saoudite au moment des premières informations.
Pour les États du Golfe, l’enjeu dépasse désormais largement les frontières du Yémen. Toute attaque durable contre les infrastructures énergétiques saoudiennes pourrait affecter non seulement la sécurité du Royaume, mais également les marchés pétroliers et les routes commerciales reliant le Golfe, la mer Rouge et le reste du monde.
Riyad avait pourtant cherché ces dernières années à réduire son exposition directe au conflit yéménite et à privilégier une issue politique. La reprise des attaques transfrontalières menace aujourd’hui cet équilibre fragile.
La question est désormais de savoir si cette séquence restera limitée à une nouvelle poussée de violence ou si elle marque le retour à une confrontation directe et durable entre les Houthis et l’Arabie saoudite.