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Washington revient en force en Amérique latine : Rubio reconstruit son axe régional depuis la Colombie

09 septembre 2026 - 08:34

Marco Rubio a entamé en Colombie une tournée qui le conduira également en Équateur et au Pérou. Derrière la lutte contre le narcotrafic se dessine une ambition beaucoup plus large : sécurité, minerais critiques, nucléaire civil et commerce composent la nouvelle stratégie de Washington pour consolider son influence en Amérique latine, à la faveur de l’arrivée de gouvernements politiquement plus proches de Donald Trump.

La Colombie redevient une pièce centrale du dispositif américain en Amérique latine. À Barranquilla, le secrétaire d’État Marco Rubio a rencontré le président Abelardo de la Espriella, arrivé au pouvoir il y a seulement un mois, pour ouvrir ce que les deux capitales présentent comme une nouvelle phase de leur partenariat.

Après les tensions ayant marqué les relations avec l’ancien président Gustavo Petro, Bogotá affiche désormais clairement sa volonté de se rapprocher de Washington. De la Espriella ambitionne notamment de refaire de la Colombie le principal partenaire des États-Unis en matière de sécurité hémisphérique en Amérique du Sud.

La lutte contre le narcotrafic constitue naturellement l’un des piliers du rapprochement. Les États-Unis proposent notamment coopération en matière de renseignement, formation et équipements, tandis que le nouveau gouvernement colombien a considérablement durci sa stratégie contre les groupes armés et les organisations criminelles.

Minerais critiques et nucléaire : l’autre visage de l’alliance

La portée de la visite dépasse toutefois largement les questions sécuritaires.

Washington et Bogotá ont signé deux arrangements consacrés aux minerais critiques et à la coopération nucléaire civile. Le premier vise notamment à sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques et terres rares. Le second ouvre la voie à une coopération technologique et scientifique dans le nucléaire civil, pouvant englober les réacteurs avancés, la médecine nucléaire, la recherche ou encore certaines applications agricoles.

Ces accords montrent que Washington entend articuler désormais sécurité, ressources stratégiques, énergie et influence politique.

Après la Colombie, Rubio doit se rendre en Équateur puis au Pérou. Le choix de ces destinations illustre une réalité politique nouvelle : plusieurs gouvernements latino-américains sont aujourd’hui nettement plus réceptifs aux priorités stratégiques de Washington.

Un rapprochement qui pose aussi la question de l’autonomie

Pour Bogotá, cette nouvelle alliance peut apporter investissements, technologie et capacités militaires supplémentaires. Pour Washington, elle permet de retrouver un partenaire historique et de consolider son implantation dans une région où les rapports de force internationaux se sont profondément diversifiés.

Cette proximité n’est pourtant pas sans susciter des interrogations. Des voix critiques en Colombie mettent en garde contre une coopération sécuritaire susceptible de devenir trop asymétrique et contre une militarisation accrue de la lutte contre les groupes armés et le narcotrafic.

La tournée de Marco Rubio apparaît ainsi comme davantage qu’une succession de visites diplomatiques. Les États-Unis cherchent à réoccuper politiquement et stratégiquement leur environnement régional. La Colombie constitue le premier jalon de cette offensive diplomatique ; l’Équateur et le Pérou permettront d’en mesurer l’ampleur.

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