Le Maroc s’est imposé comme une plateforme industrielle régionale, notamment dans l’automobile et l’aéronautique.
Malgré la résilience du commerce mondial des marchandises face aux tensions géopolitiques, le Maroc doit élargir sa base exportatrice afin de réduire durablement son déficit commercial. C’est l’analyse de l’économiste Youssef El Karoui El Fellali, président du Centre marocain de la gouvernance et du management.
Selon lui, la progression des exportations marocaines reste possible grâce aux performances de plusieurs filières industrielles, en premier lieu l’automobile et ses équipementiers, ainsi que les moteurs d’avion et les composants aéronautiques. Le Royaume dispose désormais de véritables écosystèmes industriels tournés vers l’exportation.
Mais l’enjeu ne se limite pas à l’augmentation des ventes à l’étranger. Il tient surtout au déséquilibre persistant de la balance commerciale : les importations demeurent très élevées, notamment pour des produits dont la production nationale ne permet pas encore d’assurer une autonomie suffisante.
« Les exportations progressent, mais elles ne couvrent pas encore le niveau des importations de manière à dégager un excédent », relève l’expert. Il attribue cette situation à une compétitivité encore insuffisante et à un nombre limité de secteurs capables d’exporter à grande échelle.
Pour Youssef El Karoui El Fellali, le Maroc doit donc consolider ses atouts dans l’automobile et l’aéronautique, tout en développant d’autres filières : textile et habillement, agroalimentaire, agriculture à valeur ajoutée, industrie électrique et électronique. L’objectif devrait être de faire de la croissance des exportations un levier de réduction du déficit structurel, et non un simple indicateur de dynamisme industriel.
L’intégration dans les chaînes de valeur mondiales renforce l’attractivité industrielle du Royaume.
L’économiste souligne par ailleurs que le Maroc est devenu un acteur important de la sous-traitance industrielle internationale. Son ouverture vers l’Europe a favorisé l’installation de nombreux groupes et partenaires européens, qui y développent des activités de production destinées aux marchés extérieurs.
Cette attractivité ne concerne plus uniquement les entreprises européennes. Des groupes asiatiques et moyen-orientaux s’intéressent également au pays, attirés par ses capacités de production, ses infrastructures et sa proximité avec les marchés européens et nord-américains. Des produits fabriqués au Maroc sont aujourd’hui exportés vers l’Europe, mais aussi vers les États-Unis.
Le développement de nouvelles zones franches, l’accélération de l’industrialisation et la création de filières émergentes devraient renforcer cette dynamique dans les prochaines années. Pour l’expert, la stabilité politique, sécuritaire et militaire du Maroc, associée à sa position géographique stratégique sur la Méditerranée, constitue un avantage déterminant pour attirer davantage d’investissements étrangers.