>

Sebta, ville marocaine occupée : Madrid affirme que plus de 5 300 migrants sont retournés au Maroc en un mois

14 septembre 2026 - 10:15

Le gouvernement espagnol a annoncé dimanche que 5 321 personnes arrivées à Sebta, ville marocaine occupée par l’Espagne, lors de la vague migratoire de la fin juillet, étaient retournées « volontairement » au Maroc depuis le 10 août. Cette annonce intervient alors que la ville reste confrontée à une crise humanitaire et à de vives tensions sociales et politiques.

Les arrivées enregistrées les 30 et 31 juillet ont conduit les autorités espagnoles à déployer un important dispositif d’identification. Madrid affirme vouloir examiner individuellement la situation des personnes encore présentes à Sebta, notamment leurs éventuelles demandes de protection internationale et les procédures de retour qui pourraient les concerner. Les mineurs non accompagnés ne peuvent toutefois être renvoyés de manière immédiate.

Le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, a indiqué que 90 personnes avaient renoncé à leur demande de protection internationale. Au moins 1 800 procédures de retour ont par ailleurs été engagées, sans qu’aucune ne soit encore achevée, ces dossiers étant soumis aux garanties et recours prévus par la loi espagnole.

Pour désengorger les rues et les campements de fortune, 864 personnes ont été transférées dimanche vers une structure temporaire d’accueil dans le quartier de Los Rosales. Selon le gouvernement espagnol, quelque 4 500 places ont été mobilisées pour les adultes, auxquelles s’ajoute la prise en charge d’environ 2 000 mineurs.

Le nombre de personnes demeurant à Sebta continue cependant de faire débat. Le président de la ville, Juan Jesús Vivas, avance le chiffre d’environ 13 000 personnes, tandis que le gouvernement central évoque une estimation bien inférieure. Cette divergence alimente les critiques contre Madrid, accusé de tarder à apporter une réponse à une situation devenue difficilement soutenable.

Derrière les statistiques et les procédures, la réalité humaine reste préoccupante : des centaines de personnes vivent encore dans des conditions précaires, sur les plages ou dans des abris improvisés. L’ouverture de nouveaux centres peut atténuer l’urgence, mais elle ne saurait remplacer une gestion respectueuse de la dignité des personnes, ni une réponse politique durable à cette crise.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *