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Guerre en Iran : le Pentagone reconnaît des pénuries de munitions, contredisant les assurances de Trump

15 septembre 2026 - 10:13

Un rapport de l’inspecteur général du département américain de la Défense estime que la guerre contre l’Iran a provoqué des déficits dans les stocks stratégiques de munitions et mis en évidence des goulets d’étranglement industriels. Donald Trump et son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avaient jusqu’ici minimisé ces difficultés.

Le constat vient cette fois de l’intérieur même du Pentagone. Dans un rapport transmis au Congrès, l’inspecteur général du département de la Défense reconnaît que l’intensité de l’opération américaine contre l’Iran, baptisée « Epic Fury », a fortement entamé certaines réserves de munitions américaines.

Entre le 28 février et le 30 juin, l’opération aurait coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards pour les seules munitions utilisées, selon le rapport. Celui-ci conclut que les dépenses de munitions ont entraîné des « déficits dans les inventaires stratégiques » et révélé des difficultés dans la capacité de l’industrie américaine à reconstituer rapidement les stocks.

Le document ne signifie pas que l’armée américaine serait globalement à court d’armes. Il met plutôt en évidence des tensions sur certaines catégories de munitions essentielles, ainsi que des délais de production susceptibles de limiter la vitesse à laquelle les stocks peuvent être reconstitués. Le Pentagone affirme avoir engagé des mesures pour accélérer les procédures d’acquisition, réduire les délais industriels et constituer des réserves de composants et de matériaux critiques.

Ces conclusions contrastent cependant avec le discours tenu ces derniers mois par l’administration Trump. En juin, Pete Hegseth avait qualifié les informations faisant état d’une crise des stocks de récit « fabriqué », assurant que les réserves américaines étaient solides et qu’elles continuaient de se renforcer. Trump a lui aussi affirmé que les États-Unis disposaient de quantités considérables de munitions et que la production était en forte augmentation.

Dès le mois de mars, Hegseth déclarait officiellement qu’il n’existait aucune pénurie de munitions susceptible d’empêcher Washington de poursuivre sa campagne contre l’Iran aussi longtemps que nécessaire.

Le rapport de l’inspecteur général donne désormais une dimension officielle à un problème évoqué depuis plusieurs mois : une guerre prolongée et particulièrement consommatrice de missiles et d’intercepteurs exerce une pression croissante sur les capacités militaires américaines et sur une industrie de défense qui ne peut remplacer immédiatement les armements utilisés.

Au-delà du coût financier de la guerre, la question devient donc stratégique : dans quelle mesure les États-Unis peuvent-ils poursuivre une campagne militaire de haute intensité tout en conservant des réserves suffisantes pour répondre à d’autres crises éventuelles ?

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