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Le pétrole de l’OPEP bondit de 5,6 % et dépasse les 123 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient

15 septembre 2026 - 10:48

Le panier de référence de l’OPEP atteint 123,11 dollars le baril, son plus haut niveau depuis cinq mois, après six séances consécutives de hausse. La fermeture du stratégique oléoduc saoudien Est-Ouest et les menaces croissantes sur les routes de la mer Rouge ravivent les craintes sur l’approvisionnement mondial.

Le pétrole de l’OPEP poursuit son envolée. Le panier de référence de l’organisation s’est établi lundi à 123,11 dollars le baril, en hausse de 5,6 % par rapport aux 116,60 dollars enregistrés lors de la séance précédente, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis le 7 avril.

Cette progression représente 6,51 dollars en une seule séance et porte à six le nombre de journées consécutives de hausse depuis le 4 septembre. Sur cette période, le panier de l’OPEP a gagné près de 26 %, dans un marché où la prime de risque géopolitique frappe particulièrement les pétroles produits au Moyen-Orient.

L’envolée est nettement supérieure à celle des deux principales références mondiales. Lundi, le Brent a clôturé à 105,68 dollars, en hausse de 1 %, tandis que le WTI américain a progressé de 1,3 %, à 101,39 dollars. Les deux références avaient toutefois gagné près de 5 % en séance avant de réduire leurs gains.

L’oléoduc saoudien au cœur des inquiétudes

La fermeture de l’oléoduc Est-Ouest saoudien constitue désormais l’un des principaux facteurs de tension. Longue d’environ 1 200 kilomètres, cette infrastructure relie les régions pétrolières de l’est de l’Arabie saoudite au terminal de Yanbu, sur la mer Rouge.

Le ministère saoudien de l’Énergie a confirmé que l’oléoduc avait subi plusieurs attaques le 10 septembre dans les régions de Riyad et Médine, provoquant des blessés et conduisant les autorités à interrompre son fonctionnement par mesure de précaution.

L’installation joue aujourd’hui un rôle stratégique majeur : elle permet d’acheminer le brut saoudien vers la mer Rouge sans passer par le détroit d’Ormuz. Avant son interruption, elle transportait entre 2,6 et 4 millions de barils par jour et constituait l’une des principales voies de contournement des perturbations affectant le Golfe.

La fermeture pourrait par ailleurs durer davantage que prévu. Les premières évaluations font état d’une interruption importante pouvant atteindre trois à cinq semaines, accentuant les inquiétudes sur les capacités d’exportation saoudiennes.

À cette vulnérabilité s’ajoutent les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Les perturbations simultanées autour d’Ormuz, de l’oléoduc Est-Ouest et de la mer Rouge touchent plusieurs des itinéraires les plus importants pour l’acheminement du pétrole du Golfe vers les marchés mondiaux.

La flambée actuelle dépasse donc la seule question du prix du brut. Si le pétrole devait durablement rester au-dessus de 100 dollars, son renchérissement pourrait se transmettre aux carburants, au transport et aux coûts de production, ravivant les tensions inflationnistes au moment où plusieurs grandes banques centrales réévaluent leur politique monétaire.

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