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Al-Sissi réaffirme à Mahmoud Abbas son rejet de tout déplacement forcé des Palestiniens de Gaza

16 septembre 2026 - 16:51

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réitéré, lors d’un entretien avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, l’opposition catégorique du Caire à tout projet visant à déplacer la population de la bande de Gaza ou à « liquider la cause palestinienne ».

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a rejeté mercredi tout projet visant à déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza, quelques heures après que le ministre israélien de la Défense a affirmé que l’armée pourrait reprendre ses opérations à grande échelle afin de « terminer le travail » dans le territoire palestinien.

Lors d’une visite du président palestinien Mahmoud Abbas, le chef de l’État égyptien a « réaffirmé la position constante de l’Égypte contre le déplacement du peuple palestinien et contre toute tentative visant à liquider la cause palestinienne ».

Mahmoud Abbas a, pour sa part, salué les « positions fidèles » de l’Égypte à l’égard du peuple palestinien, selon l’agence de presse palestinienne WAFA.

L’Égypte refuse tout déplacement vers le Sinaï

L’Égypte partage avec la bande de Gaza la seule frontière terrestre du territoire palestinien qui ne soit pas directement contrôlée par Israël. Depuis le début de la guerre en 2023, Le Caire s’oppose fermement à tout projet prévoyant le déplacement des plus de deux millions d’habitants de Gaza vers la péninsule égyptienne du Sinaï.

Les autorités égyptiennes considèrent qu’un tel déplacement compromettrait définitivement la perspective de création d’un État palestinien et pourrait transformer une situation présentée comme temporaire en expulsion permanente.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a cependant affirmé mercredi que la reprise d’une guerre à grande échelle dans la bande de Gaza n’était plus qu’une question de temps. L’armée israélienne pourrait, selon lui, « terminer le travail » et « mettre en œuvre le plan migratoire ».

Au début du mois, Israël Katz avait déjà déclaré qu’Israël était prêt à faire partir les Palestiniens de Gaza par voie terrestre et maritime. Il avait toutefois précisé que son pays attendait les États-Unis, qui discuteraient, selon lui, des destinations susceptibles d’accueillir les quelque deux millions d’habitants du territoire.

L’ambassadeur américain Mike Huckabee a néanmoins démenti l’existence de tout projet visant à « déplacer des personnes hors de Gaza contre leur volonté ».

Une population presque entièrement déplacée

La quasi-totalité de la population de la bande de Gaza a déjà été déplacée à l’intérieur du territoire. Une grande partie de l’enclave palestinienne est en ruines après plusieurs années de guerre.

Le conflit a été déclenché par l’attaque menée contre Israël, le 7 octobre 2023, par le mouvement islamiste palestinien Hamas. Cette attaque a fait 1 221 morts, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

La campagne militaire israélienne menée en représailles dans la bande de Gaza a fait plus de 73 700 morts, selon le ministère de la Santé du territoire administré par le Hamas. Ces données sont considérées comme fiables par les Nations unies.

Le projet de colonisation E1 également évoqué

Au cours de sa rencontre avec Abdel Fattah Al-Sissi, Mahmoud Abbas a également présenté les dernières mesures prises par Israël en Cisjordanie occupée. Le président palestinien a notamment évoqué un projet de colonisation destiné, selon lui, à « séparer le nord et le sud » du territoire palestinien.

Le projet en question, connu sous le nom d’E1, renforcerait également la séparation entre Jérusalem-Est — occupée et annexée par Israël — et le reste de la Cisjordanie. Approuvé par les autorités israéliennes l’année dernière, il a suscité de nombreuses critiques au sein de la communauté internationale.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a estimé que ce projet constituait une « menace existentielle » pour la continuité territoriale d’un futur État palestinien.

L’entretien entre les présidents égyptien et palestinien intervient ainsi dans un contexte de nouvelles tensions autour de Gaza et de préoccupations croissantes concernant l’avenir territorial de la Cisjordanie. Le Caire réaffirme, de son côté, que toute solution doit préserver les droits des Palestiniens et exclure leur déplacement forcé hors de leurs terres.

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