L’ancien président catalan remet en discussion le statut des deux villes et relie leur situation à sa défense de l’autodétermination. Ses propos reconnaissent la sensibilité marocaine du dossier, sans demander explicitement leur rattachement au Royaume.
Le statut de Sebta et Melilia s’invite dans le discours de Carles Puigdemont sur l’autodétermination. Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Times, dont l’agence EFE a rapporté des extraits dimanche 20 septembre, l’ancien président de la Generalitat décrit les deux villes comme des colonies ou des villes situées à l’intérieur du Maroc.
Il estime également que leur situation représente une blessure du point de vue marocain. Cette appréciation introduit la mémoire et la perception du voisin dans une discussion généralement dominée, en Espagne, par l’affirmation de la souveraineté nationale.
Puigdemont reconnaît néanmoins l’attachement des habitants de Sebta à l’Espagne. Il considère qu’un référendum pourrait conforter la légitimité de leur position. La proposition laisse donc ouverte l’issue du vote et pourrait, dans son propre raisonnement, confirmer leur volonté de rester espagnols.
Le responsable indépendantiste rattache cette réflexion à la question catalane. Selon lui, Madrid refuserait une telle consultation par crainte de créer un précédent susceptible d’alimenter la revendication d’un référendum en Catalogne. Il s’agit de l’analyse qu’il avance pour expliquer cette opposition supposée. ortée de ces déclarations mérite d’être précisée. L’emploi du vocabulaire colonial remet en cause la présentation du dossier comme une question définitivement soustraite au débat. Mais les extraits disponibles ne permettent pas d’attribuer à Puigdemont une demande de restitution des deux villes au Maroc.
Son approche privilégie le choix des populations concernées. Elle ne se confond donc pas avec une revendication fondée sur la restauration de l’intégrité territoriale : ces deux raisonnements peuvent conduire à des conclusions différentes.
L’entretien, réalisé à Waterloo, s’inscrit avant tout dans la continuité de son engagement indépendantiste. En évoquant Sebta et Melilia, Puigdemont cherche à élargir le débat sur le consentement des populations et la légitimité territoriale. Une prise de position politiquement significative, dont la portée doit être appréciée à partir de ses termes exacts, sans lui prêter une conclusion qu’il n’a pas formulée.